Le blog de Mohamed Seck

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Ensemble, donnons un nouvel envol à cet espace. 

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La prise en charge du talibé

02042012280-4.jpgMohamed Seck :

L’école coranique fait partie du patrimoine éducatif et culturel des musulmans. Au Sénégal, le «  daara » est le terme qui lui est consacré. L’apprentissage du coran y débute à bas âge.

Généralement, une grande partie des jeunes élèves (talibés) y est envoyée pour des cours du

Jour ; le reste y réside sous l’autorité d’un maître coranique. Dans l’idéal, il doit être assisté dans sa mission par l’aide et les subsides des parents de talibés. Ce n’est, cependant, pas toujours le cas, ce qui expose ainsi les talibés à la précarité…

En ce 21éme siècle, l’éducation est devenue vitale pour les enfants. Autant en langue arabe qu’en langue française, il faut une maitrise des outils de communication pour une acquisition des connaissances.

Les difficultés des talibés ont pour noms habillement décent, habitat salubre, alimentation suffisante, protection sociale et éducation adéquate.

La situation que l’on constate est tout à fait le contraire. A Dakar, ce sont des hordes de jeunes enfants habillés en haillons qui circulent dans les rues. Venus de zones très éloignés, c’est à l’

aurore qu’ils arrivent pour faire la manche. Parfois, ils se livrent à la même activité jusque tard dans la nuit encore à demander quelques pièces d’aumône. On peut légitimement se demander à quel moment de la journée, ils mémorisent le coran.

La conséquence est souvent dramatique. S’ils ne sont pas exploités par des enseignants véreux, ils sont exposés à la délinquance juvénile ou même abusés sexuellement. Etat, parents et citoyens sont interpellés devant cette situation vécue par une partie de la jeunesse sénégalaise.

En effet, le temps est venu pour nous de réagir et les solutions ne manquent pas. Au premier rang, les parents des talibés doivent être sensibilisés sur la situation de leur progéniture. Il se pourrait que la majorité des parents ignorent leurs indécentes conditions de vie. Pourtant, ils doivent assurer la prise en charge de leurs enfants.

 Au-delà, c’est à la société d’offrir des solutions. Aujourd’hui des exemples éloquents existent et nous démontrent que la donne peut changer. A l’image de feu Imam Assane Cissé qui a été diplômé en philosophie à Londres pour ensuite revenir guider la forte communauté tidiane au Sénégal, en Afrique et dans le reste du monde. De même, Seyda Mariama Niasse dont l’école reçoit de jeunes élèves venant du Sénégal et de l’étranger. Pourquoi ne pas s’inspirer de l’enseignement privé catholique ? Aujourd’hui beaucoup de musulmans y envoient leurs enfants pour garantir leur réussite dans les études. Quel est le rôle de l’Etat, me direz-vous, à coup sûr ?

Il faut se féliciter que le gouvernement propose un programme de modernisation des daaras. En effet, il y a une nécessité de formaliser le programme d’étude sur le plan national. De plus, pour donner la chance à tous de réussir leurs vies, il faut offrir une large gamme de formations techniques et académiques aux talibés issus de ces daaras modernisés.

En définitive, notre responsabilité à tous est engagée (parents, société et Etat). Si nous voulons une société plus juste et lutter contre le désœuvrement des jeunes, l’éducation et la formation sont des moyens pour y parvenir. Un dialogue inclusif dissipera sûrement les craintes liées au programme de modernisation des daaras.

Mohamed Seck

30/09/2015

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Diversification de l’offre avicole

A l’échelle mondiale la consommation en viande est régulière croissance. Cette tendance s’observe au niveau du Sénégal. Cependant, l’offre est bien inférieure à la demande surtout pour les viandes rouges (bœufs, moutons, chèvre).  La solution passera-t-elle par un développement de l’aviculture ?

Le Sénégal est un pays sahélien caractérisé par une saisonnalité des pluies, un tapis herbacé temporaire et  un élevage majoritairement extensif. Si quelques initiatives de sédentarisation pour l’embouche bovine ont vu le jour, l’essentiel des éleveurs préfèrent des migrations périodiques avec leurs troupeaux. 

Au même moment, les habitudes alimentaires surtout dans les zones citadines évoluent vers une forte consommation de produits carnés. Le renchérissement du coût de production de la viande se répercute aussi sur les prix. En dix ans le prix du kilo de la viande est passé de 1500 à 2900 FCFA, donc du simple au double.

Les craintes sanitaires liées à l’épidémie de la grippe aviaire, ont conduit les pouvoirs publics à interdire l’importation des cuisses de poulets. Cette situation a donné un coup de fouet à la production nationale de volaille surtout pour les poulets de chair. C’est naturellement donc que ces derniers ont constitué une substitution aux viandes rouges. En effet avec un prix de 2500 à 3000F pour les 2 kilos de poulet, le calcul est vite fait par les consommateurs. En une décennie, le secteur avicole  fait vivre prés de 300 mille personnes. Un véritable success story. A cela s’ajoute l’émergence d’une filière comprenant industriels, transporteurs, producteurs et commerçants.

Toutefois, les capacités productives ne sont pas exploitées au maximum car l’aviculture ne se résume pas à la simple production de poulets de chair. Canards, dindes, oies, pintades, cailles, pigeons et bien d’autres oiseaux peuvent enrichir l’offre. Le fait est que certains d’entre eux ne bénéficient pas du même intérêt que le poulet. Pourtant il y a des risques liés à la mortalité des  sujets en cas d’épidémie pour une espèce.

Pour les canards par exemple, les mêmes conditions  d’élevage que les poulets de chair peuvent offrir d’excellents résultats en terme de production de chair et d’œufs. Evidemment d’importantes économies seront réalisées au niveau des charges (aliments) tout en garantissant des revenus correcteurs aux éleveurs. Pour ce faire, il faudra un travail pour la promotion de la viande de canard puisqu’elle souffre de préjugés injustifiés.

Aujourd’hui, à la croisée des chemins, nous avons l’occasion de booster encore plus le secteur avicole. Produire de la viande de manière intelligente, générer des emplois et des revenus aux nationaux.

Mohamed Seck

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Une précision de taille : Tous les billets du blog sont écrits par Mohamed Seck.

Pour une mécanisation agricole performante

L’agriculture est un secteur grand pourvoyeur d’emplois. L’enjeu pour les pays sahéliens comme le Sénégal c’est  d’arriver à une mécanisation de ce secteur pour plus de productivité. Cependant des efforts restent à faire en termes de machinisme agricole.

L’arachide a été pendant plusieurs décennies, la principale spéculation produite par les agriculteurs de notre pays. Cette culture de rente est à la fois une matière première de consommation alimentaire et un produit d’exportation générant au passage quelques devises. De plus, les sous produits comme la fane sont d'excellents compléments alimentaires pour le bétail en période de soudure. Tout ceci a concouru à une concentration des efforts des pouvoirs publics pour une mécanisation primaire de cette culture et d’autres céréales comme le mil, le maïs ou encore le fonio. Le matériel de mécanisation se limitant parfois à un outil (semoir, socs) à traction animale (âne, bœuf, cheval) pour les travaux de semis, d’entretien ou de récolte, compte tenu des modestes surfaces emblavées et du système d’irrigation saisonnier pluvial.

Victor juri semoir 1Ces dernières décennies, un intérêt grandissant est marqué pour la riziculture. Aussi, de grands aménagements ont vu le jour dans la vallée du fleuve Sénégal et dans le bassin de l’Anambé. Pour un gain de productivité, les producteurs se sont équipés de machines motorisées comme des motopompes et des tracteurs. Cette pratique est aussi constatée chez les producteurs maraichers dans la zone des Niayes. Chez ces derniers le recours à ces machines est entré dans les mœurs ainsi que l’utilisation d’une technique moderne d’irrigation sous pression (goutte à goutte) et le labour avant l’installation des cultures.

Si pour le système mécanisé le parallélisme entre les outils modernes et l’augmentation de la productivité force l’admiration du public ; la gestion de ces machines pose souvent problème. En effet, les outils à traction animal sont bien maitrisés par les producteurs. Ce matériel parfois qualifié d’obsolète et complètement amorti et capable d’être réparé par les artisans menuisiers métalliques et soudeurs. Par contre, l’approche mécanique ne s’est pas toujours accompagnée d’un transfert de technologies. Un triste paysage s’offre au public dans certaines zones où fautes de suivi et de savoir-faire, certains appareils ont rendu l’âme et sont devenus des épaves.

Le véritable enjeu de la modernisation de l’agriculture sénégalaise est donc dans un transfert de technologies à nos mécaniciens nationaux. En allant plus loin une véritable industrie peut émerger. La présence d’écoles de formation en mécanique, la présence d’une petite industrie d’appareils agricoles (SISMAR) ou encore les travaux du laboratoire de machinisme agricole au CNRA de Bambey sont déjà un bon début. S’il y a en outre la création d’un véritable département de machinisme agricole dans la future université agronomique de Kaolack, le Sénégal aura les moyens de rattraper en partie sont retard dans le domaine. L’accès à des outils modernes autorise à croire en une plus  importante sécurité alimentaire.

Mohamed Seck

10/7/2015
 

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L’indépendance par le solaire

Index solaireLe Sénégal dispose de prés de 3000 heures d’ensoleillement par année. Malheureusement, cette importante source n’est pas assez exploitée. En effet, les énergies fossiles sont les principalement utilisées par la société nationale de production d’électricité (SENELEC). Pendant ce temps, en zone rurale, en pleine crise énergétique, le bois est utilisé comme matière première aggravant le péril environnemental. Fort de ce constat et dans sa volonté de sortir de la dépendance aux énergies fossiles, les pouvoirs publics ont déjà un projet dans ce sens. Nous portons ici une réflexion allant dans le sens confirmer le bien-fondé d’une telle démarche.
Certes, notre pays dispose d’atouts non-négligeables pour offrir l’accès à l’énergie à tous, mais une synergie des actions est nécessaire pour y arriver. Ainsi sur le plan pédagogique, comme dans toutes les formations techniques, il y a une certaine hiérarchie du travail. De l’ingénieur à l’ouvrier qualifié en passant par les techniciens, chaque niveau a son rôle à jouer. Les universités de Dakar et de Thiés offrent des formations de cycle ingénieur dans les domaines du génie électricité. De plus, le CNQP et le CFPT tous deux à Dakar, offrent des formations en techniciens supérieurs dans le domaine de l’énergie. Enfin, la formation technique dans les lycées permet aux bacheliers de ces séries de réaliser des plans et conceptions d’ingénierie. A ces formations académiques s’ajoutent, tous ces artisans formés sur le tas, qui ont un savoir-faire reconnu ici et ailleurs.
Sur le plan technique, des milliers de brevets sont dans le domaine public. Ces Opensources sont donc utilisables par tous. Le processus d’utilisation de ces connaissances se fera par l’exploitation du principe de ces technologies jusqu’à la conception de l’outil physique capable de transformer la lumière en énergie électrique.
Il est vrai que le rendement énergétique ne sera pas forcément au maximum de ses capacités. La conséquence principale sera donc une sous-utilisation des capacités offertes par le rayonnement solaire. Toutefois, ce frein ne devrait pas nous décourager. Si les populations arrivent à s’approprier cette technologie, l’impact sur la vie des Sénégalais sera extraordinaire.
En effet, dans un monde où les besoins en énergie se font croissants, l’utilisation de l’énergie solaire peut engendrer une sorte de révolution industrielle sous nos cieux. À ce titre, pour le monde rural comme en ville, l’accès à une énergie bon marché offre des perspectives dans le secteur agricole, la protection de l’environnement, de la petite industrie, la sécurité, de l’amélioration des conditions des femmes et aussi la scolarisation des enfants. L’énergie produite par d’autres sources sera concentrée vers les industries les plus gourmandes.
À l’image des entités comme l’UE et son projet DESERTEC, la course à l’énergie propre et bon marché a des allures de guerre géostratégique. Tous les pays cherchent à acquérir leur indépendance énergétique. Afin de réaliser cela, les pouvoirs publics, le secteur privé local ainsi que les écoles et instituts de formation doivent s’associer. Le marché lié à la conception et à la réalisation de ces équipements aiguise déjà l’appétit des multinationales. En effet, ce secteur peut être rentable, pourvoyeur d’emplois et offrir à notre pays un leadership ouest-africain. Il urge de s’atteler à sa réalisation par les nationaux pour que la richesse entraine une amélioration, pour tous, des conditions de vie.
Mohamed Seck

La CSS en question

Le 1er octobre 2017 marquera un tournant dans le marché du sucre de l'Union Européenne. En effet, la production des Etats membres ne sera plus limitée pour couvrir le marché alimentaire de l’Union. Une telle libéralisation aura forcément des conséquences sous nos cieux.

La Compagnie Sucrière Sénégalaise est l’entreprise de production et de commercialisation du sucre au Sénégal. Le monopole dont elle a longtemps bénéficié est remis en cause fréquemment par les commerçants importateurs de l’UNACOIS (Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal). Aussi, l’Etat du Sénégal à travers le Ministère du commerce cherche-t-il, depuis plusieurs années, à créer l’équilibre par une libéralisation contrôlée tout en protégeant le tissu industriel local. Cependant, le choix de l’UE, dicté par l’OMC menace encore plus la CSS pour trois raisons :

Une production à base de canne à sucre

Dans les pays européens marqués par un climat tempéré, le sucre est extrait à partir de la betterave dont le cycle de production n’excède pas les 5 mois généralement. Pour la canne à sucre, le cycle dure presque 12 mois. A cela s’ajoutent les charges liées à l’irrigation, l’énergie et l’usinage.

Le projet KT 1500

La CSS a lancé le projet KT1500, qui concerne l’extension de ses fermes sur 1500 ha afin de pouvoir satisfaire le marché national à 100%. Toutefois, ce lourd investissement doit être amorti sur un délai raisonnable. L’échéance de 2017 pourrait chambouler les plans.

Une rude concurrence

Au-delà de l’UE, le sucre sénégalais est concurrencé par les producteurs brésiliens et asiatiques. Grace à un prix plus compétitif, ce sucre est plus apprécié des commerçants importateurs sénégalais comme ceux de la sous région.

Les prix pratiqués jusqu’ici ne se justifieront  plus longtemps par les consommateurs. Jouissant d’une réputation sulfureuse auprès de l’opinion publique nationale, concurrencée sur le marché mondiale et subissant la contrebande jusqu’à ses portes (Richard Toll), la CSS devra trouver une nouvelle stratégie pour continuer d’exister. Il semble que ses dirigeants aient pris les devants comme en atteste le lancement depuis quelques années de son usine de production d’éthanol ainsi que la rumeur insistante qui  annonce la diversification de ses activités dans la riziculture.

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Droits de l’homme, halte aux dérives

Depuis l’an 2000, le Sénégal s’est positionné comme une vitrine démocratique. En effet, la classe politique, les citoyens et la société civile ont pu conjuguer leurs efforts pour démontrer au monde leur niveau de maturité. Pourtant le pouvoir grandissant des organisations des droits humains pose problème, à notre avis.

Il va sans dire que les organisations non gouvernementales de défense des droits humains ont beaucoup fait pour  notre pays. Ce qui nous vaut cette position  phare sur la liste des pays  démocratiques ». Au passage, nous reconnaissons les apports considérables des syndicats et  les partis politiques d’opposition dans les différents progrès enregistrés sous nos cieux. L’année 2012 peut être considéré comme le point culminant de cette fabuleuse épopée. Toutefois, ce beau tableau est noirci depuis lors par certaines dérives.

A entendre les dirigeants de ces organisations, ils ont acquis une grande légitimité pour pouvoir parler au nom du peuple. Autrement dit, ils peuvent exiger du gouvernement qu’il  leur rende des comptes, qu’il réponde à leurs demandes, etc.

 Il est vrai que dans le cadre de la société civile cela peut se comprendre et même être accepté. Ce qui pose problème pour nous l’inexistence de contre-pouvoir pour limiter la tentation grandissante de l’abus de sa position.

Oui, combien de fois a-t-on entendu à travers les organes de presse, un dirigeant de la Raddho ou d’Amnesty International tancé le gouvernement ? Au nom de la liberté d’expression doit-on tout accepter de ces organisations ?

Nous rappelons-nous assez du rôle de ces organisations dans la promotion des droits des homosexuels et par la même une occidentalisation à outrance de la société sénégalaise ! Tout cela se fait sans coup férir avec une complicité étonnante de cette presse sénégalaise dont on ne manquera jamais de citer son irresponsabilité.

De plus, les Sénégalais voudraient-ils se laisser diriger par des individus qui tentent de justifier le budget de fonctionnement de leurs organisations? Nous connaissons bien les bailleurs de ces entités qui veulent contrôler l’opinion ?

Assurément, ce ne sont pas mes compatriotes qui mettent la main à la poche pour les financer. Et puis, tous ces droits humains auront-ils un sens si le défi du développement n’est pas relevé  au Sénégal? Cette liberté d’expression dont  les droits-de-l’hommiste  usent et abusent doit être encadrée avant de nous plonger dans une transposition béate de ce qui se fait et se voit ailleurs.

Des dérives sont à mettre à leur actif. Dés lors, il appartient aux médias de les canaliser puisqu’ils en sont les principaux relais. L’Etat doit avoir le courage de réglementer toutes ces organisations et vérifier qu’ils n’utilisent pas de financements douteux. Il y va de la paix sociale et de la liberté du citoyen.

Lu sur Wikipédia : Le droit-de-l'hommisme est une expression péjorative désignant de manière polémique ce qui est perçu comme une attitude bien-pensante invoquant la défense des droits de l'homme et, plus généralement, une attitude purement déclamatoire ou excessivement tolérante

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Post-sommet de la Francophonie : la lucidité après les festivités

 Les rideaux sont enfin tombés ce 2 décembre 2014, sur le sommet de la Francophonie et son forum économique organisés à Dakar. L’opinion publique sénégalaise a été partagée entre festivités liées à la succession d’Abdou Diouf, Secrétaire général de l’OIF et le contre-sommet à forts relents de réquisitoire anti-Françafrique. Tout cela dans un vaste flot d’informations. Seulement,  quelque chose m’échappe.  Nous sommes-nous assez intéressés à la trajectoire de la Francophonie ?

Créée dans la décennie 70, par des chefs d’Etats amoureux de la langue française, la Francophonie était d’abord un outil de promotion culturelle et de coopération technique (ACCT). Profitant du vent de changement démocratique en Afrique particulièrement, elle a évolué pour se chercher une dimension politique prônant la promotion de la paix et du développement dans les pays membres. L’accession à ce poste de notre compatriote Abdou Diouf lui a indéniablement permis d’acquérir cette dimension. Auréolé de son passé de chef d’Etat ayant quitté démocratiquement le pouvoir, riche de ses 30 ans de carrière dans la haute administration du Sénégal et fort de son aura, il a réussi à faire de l’Organisation internationale de la Francophonie, une organisation à dimension planétaire (une sorte d’ONU francophone).

Le récent sommet de Dakar, a été l’occasion pour l’organisation de faire évoluer ses projets. En ces temps de difficultés financières des pays du Nord comme du Sud, on parle de Francophonie économique comme en atteste le forum économique de cette édition. Ce sont les Etats africains qui constituent les membres de l’organisation les plus nombreux. De plus, le fort potentiel du continent aiguise les appétits des puissances d’Asie (Qatar ?), d’Amérique (Canada) et d’Europe (Belgique et France).

Cette nouvelle dimension cristallise les passions. La volonté de certains pays développés, membres de ladite organisation, de gagner des parts de marché en concurrençant la Chine en Afrique, ressemble à un partage du butin. Après la culture, la politique et maintenant l’économie est à l’honneur. Cette évolution va dans le sens d’une hégémonie des puissants sur notre continent. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre la montée au créneau de certains intellectuels sénégalais et la tentative avortée d’organiser un contre-sommet.

A l’heure du bilan de ce sommet, l’Afrique francophone est à la croisée des chemins : avoir une préférence dans les échanges avec les pays francophones ou s’ouvrir à tous. L’Afrique d’aujourd’hui doit être intelligente dans ses choix de partenariat. L’avenir du monde ne peut se faire sans nous. Elle doit donc se faire selon nos conditions tout en évitant de tomber dans le piège du narcissisme.

Mohamed Seck

02/ 12/ 2014

De qui se moque le sieur Abdoulaye Wade ?

10799850 10204293935620097 2145441120 nUne fois n'est pas coutume, je reprends ma plume enterrée depuis 2012, lorsque qu'une majorité du peuple sénégalais en faisait de même pour le régime libéral qui avait à sa tête le sieur Abdoulaye Wade. Oui, je lui refuse le titre d'ex président puisqu'il ne le mérite pas.
J'avais à peine un peu plus d'une dizaine d'années lorsque cet homme que la clameur publique nous avait décrit comme le messie qui nous ferait oublier la très longue période de léthargie dans laquelle les socialistes avant lui nous avait entrainés.
Comme tous les enfants de notre époque le vieux chauve qui portait des bretelles et une cravate nous faisait rêver. Il nous avait promis un avenir radieux où il serait difficile de croiser un chômeur au coin de la rue. Il nous avait promis le kilo de riz à 60 francs entre autres. D'autres réussites, d'autres merveilles et d'autres choses qu'il nous est difficile aujourd'hui de retrouver dans notre mémoire sans risquer de croiser les cauchemars et injustices auxquels il nous a habitués.
Sous son magistère les fautifs n'ont jamais été sanctionnés (affaire des réacteurs de l'avion présidentiel, affaire du Joola). Il semble être à l'origine de tout ça. Les délinquants financiers n'ont jamais été punis (affaire des chantiers de Thiés, affaire de l' ANOCI). Les auteurs de bavures n'ont jamais été identifiés (assassinat de Balla Gaye en 2002 jusqu'à la campagne 2012). Assassinats, complots, gabegies, népotisme, manipulations, un cocktail dégueulasse qu'il nous a offert à boire pendant 12 ans. Pour vous dire que cet homme que nous avons tant admiré n'est en fait qu'un monstre doublé d'un manipulateur.
Voilà un individu qui veut aujourd'hui nous appeler à descendre dans la rue, faire une marche et soutenir sa cause personnelle (la libération pure et simple de son fils qui fait face à la justice). Le plus extraordinaire est qu'il est soutenu par des lobbies pompeusement appelés organisations de droits de l'homme toujours prêts à crier et à jacasser. C'était pourtant ceux-là qui l'avaient combattu il y a un peu plus de 2 ans. Je suis encore plus surpris lorsqu'un individu comme Pape Diop, ex président du Sénat, prend sa défense. Et pourtant, Abdoulaye Wade l'avait accusé de sacrifices d'albinos lors de joutes électorales précédentes ?
Grand Dieu, je ne reconnais plus mon pays ! Dans un pays normal, le procureur se serait auto saisi depuis longtemps pour éclairer l'opinion sur les agissements de ce délinquant du troisième âge. Mais bon, nous sommes dans le cas séné... Galérien

M. Mohamed Seck

13 novembre 2014