Agriculture Sénégal Modernisation Efforts

Pour une mécanisation agricole performante

L’agriculture est un secteur grand pourvoyeur d’emplois. L’enjeu pour les pays sahéliens comme le Sénégal c’est  d’arriver à une mécanisation de ce secteur pour plus de productivité. Cependant des efforts restent à faire en termes de machinisme agricole.

L’arachide a été pendant plusieurs décennies, la principale spéculation produite par les agriculteurs de notre pays. Cette culture de rente est à la fois une matière première de consommation alimentaire et un produit d’exportation générant au passage quelques devises. De plus, les sous produits comme la fane sont d'excellents compléments alimentaires pour le bétail en période de soudure. Tout ceci a concouru à une concentration des efforts des pouvoirs publics pour une mécanisation primaire de cette culture et d’autres céréales comme le mil, le maïs ou encore le fonio. Le matériel de mécanisation se limitant parfois à un outil (semoir, socs) à traction animale (âne, bœuf, cheval) pour les travaux de semis, d’entretien ou de récolte, compte tenu des modestes surfaces emblavées et du système d’irrigation saisonnier pluvial.

Victor juri semoir 1Ces dernières décennies, un intérêt grandissant est marqué pour la riziculture. Aussi, de grands aménagements ont vu le jour dans la vallée du fleuve Sénégal et dans le bassin de l’Anambé. Pour un gain de productivité, les producteurs se sont équipés de machines motorisées comme des motopompes et des tracteurs. Cette pratique est aussi constatée chez les producteurs maraichers dans la zone des Niayes. Chez ces derniers le recours à ces machines est entré dans les mœurs ainsi que l’utilisation d’une technique moderne d’irrigation sous pression (goutte à goutte) et le labour avant l’installation des cultures.

Si pour le système mécanisé le parallélisme entre les outils modernes et l’augmentation de la productivité force l’admiration du public ; la gestion de ces machines pose souvent problème. En effet, les outils à traction animal sont bien maitrisés par les producteurs. Ce matériel parfois qualifié d’obsolète et complètement amorti et capable d’être réparé par les artisans menuisiers métalliques et soudeurs. Par contre, l’approche mécanique ne s’est pas toujours accompagnée d’un transfert de technologies. Un triste paysage s’offre au public dans certaines zones où fautes de suivi et de savoir-faire, certains appareils ont rendu l’âme et sont devenus des épaves.

Le véritable enjeu de la modernisation de l’agriculture sénégalaise est donc dans un transfert de technologies à nos mécaniciens nationaux. En allant plus loin une véritable industrie peut émerger. La présence d’écoles de formation en mécanique, la présence d’une petite industrie d’appareils agricoles (SISMAR) ou encore les travaux du laboratoire de machinisme agricole au CNRA de Bambey sont déjà un bon début. S’il y a en outre la création d’un véritable département de machinisme agricole dans la future université agronomique de Kaolack, le Sénégal aura les moyens de rattraper en partie sont retard dans le domaine. L’accès à des outils modernes autorise à croire en une plus  importante sécurité alimentaire.

Mohamed Seck

10/7/2015
 

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