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De la nécessité des partis politiques au Sénégal

02042012280-5.jpg     Un  parti politique est l’association d’hommes et de femmes en vue de gérer la cité.  Tout naturellement, l’exercice d’un pouvoir fait appel à la concurrence. On constate qu’en Afrique et en particulier au Sénégal, le parti politique s’identifie à une personne (le secrétaire général) avec le triptyque naissance-vie-mort du parti. Il est souvent très difficile au parti de survivre au départ du leader. En l’état actuel des choses, une question se pose, les partis politiques ne sont –ils pas menacés de disparaître ?

 

                 Toute honte bue, nous sommes d’accord avec cette phrase de Senghor : . Il est vrai que pour adhérer à un idéal, le raisonnement seul  n’est pas suffisant. Cependant, les faits sont là, le militant de nos jours adhère à un parti sans pour autant connaître l’idéologie de l’association et sans passer par l’école du parti. De plus, le secrétaire général est le principal bailleur et de facto, le seul  candidat aux joutes électorales. Dans de telles conditions, la démocratie interne fait office de vœux pieux. L’affaire Malick N. Seck en est le dernier exemple. Le modèle semble avoir atteint ses limites et beaucoup de sénégalais se réclament indépendants des partis. Désormais ils éliront les politiques en fonction de leur programme de société.

Le monde évolue, l’électorat aussi ! La nature ayant horreur du vide, il était nécessaire de repenser la gestion des affaires.

 

                  Face aux difficultés dans les structures traditionnelles, certains citoyens ont proposé de nouvelles façons de faire la politique: ce sont les mouvements citoyens. En effet, jouant la carte de la proximité, ces formations ont réussi à séduire rapidement les sénégalais. Le leader n’est plus nécessairement un politicien expérimenté mais un citoyen pouvant venir de toutes les couches de la société. Le succès ne s’est pas fait attendre comme l’attestent les élections locales de 2009.

 

                      Cette structure nouvelle et innovante sera même reconduite lors de la présidentielle. Hélas, l’idée ne fit pas long feu. Les candidats des mouvements citoyens se sont retrouvés moins de trois ans après avec des scores peu satisfaisants lors de la présidentielle et des législatives.

Les raisons sont à chercher sur le caractère symbolique que renvoie l’image du président de la République. Père de la nation, il doit être quelqu’un qui soit bien connu des sénégalais. Et c’est cela le point faible des candidats quasi-néophytes en politique et mal connus sur le plan national.

 

                   En définitive, le parti politique traditionnel, fort de son expérience à travers les années de lutte ou de gestion du pouvoir est difficile à déloger du subconscient de l’homo-senegalensis. Malgré toutes les critiques, il a encore un bel avenir. Ni la nouveauté dans le discours, ni la proximité des leaders « indépendants » ne semblent suffire pour  vaincre l’hégémonie des partis politiques. Les sénégalais préfèrent élire un «  technocrate » au niveau local mais pas à  la magistrature suprême.

 

Mohamed Seck