Sucre CSS UE UNACOIS IMPORTATION

La CSS en question

Le 1er octobre 2017 marquera un tournant dans le marché du sucre de l'Union Européenne. En effet, la production des Etats membres ne sera plus limitée pour couvrir le marché alimentaire de l’Union. Une telle libéralisation aura forcément des conséquences sous nos cieux.

La Compagnie Sucrière Sénégalaise est l’entreprise de production et de commercialisation du sucre au Sénégal. Le monopole dont elle a longtemps bénéficié est remis en cause fréquemment par les commerçants importateurs de l’UNACOIS (Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal). Aussi, l’Etat du Sénégal à travers le Ministère du commerce cherche-t-il, depuis plusieurs années, à créer l’équilibre par une libéralisation contrôlée tout en protégeant le tissu industriel local. Cependant, le choix de l’UE, dicté par l’OMC menace encore plus la CSS pour trois raisons :

Une production à base de canne à sucre

Dans les pays européens marqués par un climat tempéré, le sucre est extrait à partir de la betterave dont le cycle de production n’excède pas les 5 mois généralement. Pour la canne à sucre, le cycle dure presque 12 mois. A cela s’ajoutent les charges liées à l’irrigation, l’énergie et l’usinage.

Le projet KT 1500

La CSS a lancé le projet KT1500, qui concerne l’extension de ses fermes sur 1500 ha afin de pouvoir satisfaire le marché national à 100%. Toutefois, ce lourd investissement doit être amorti sur un délai raisonnable. L’échéance de 2017 pourrait chambouler les plans.

Une rude concurrence

Au-delà de l’UE, le sucre sénégalais est concurrencé par les producteurs brésiliens et asiatiques. Grace à un prix plus compétitif, ce sucre est plus apprécié des commerçants importateurs sénégalais comme ceux de la sous région.

Les prix pratiqués jusqu’ici ne se justifieront  plus longtemps par les consommateurs. Jouissant d’une réputation sulfureuse auprès de l’opinion publique nationale, concurrencée sur le marché mondiale et subissant la contrebande jusqu’à ses portes (Richard Toll), la CSS devra trouver une nouvelle stratégie pour continuer d’exister. Il semble que ses dirigeants aient pris les devants comme en atteste le lancement depuis quelques années de son usine de production d’éthanol ainsi que la rumeur insistante qui  annonce la diversification de ses activités dans la riziculture.

Mohamed Seck800px cut sugarcane