Diversification de l’offre avicole

A l’échelle mondiale la consommation en viande est régulière croissance. Cette tendance s’observe au niveau du Sénégal. Cependant, l’offre est bien inférieure à la demande surtout pour les viandes rouges (bœufs, moutons, chèvre).  La solution passera-t-elle par un développement de l’aviculture ?

Le Sénégal est un pays sahélien caractérisé par une saisonnalité des pluies, un tapis herbacé temporaire et  un élevage majoritairement extensif. Si quelques initiatives de sédentarisation pour l’embouche bovine ont vu le jour, l’essentiel des éleveurs préfèrent des migrations périodiques avec leurs troupeaux. 

Au même moment, les habitudes alimentaires surtout dans les zones citadines évoluent vers une forte consommation de produits carnés. Le renchérissement du coût de production de la viande se répercute aussi sur les prix. En dix ans le prix du kilo de la viande est passé de 1500 à 2900 FCFA, donc du simple au double.

Les craintes sanitaires liées à l’épidémie de la grippe aviaire, ont conduit les pouvoirs publics à interdire l’importation des cuisses de poulets. Cette situation a donné un coup de fouet à la production nationale de volaille surtout pour les poulets de chair. C’est naturellement donc que ces derniers ont constitué une substitution aux viandes rouges. En effet avec un prix de 2500 à 3000F pour les 2 kilos de poulet, le calcul est vite fait par les consommateurs. En une décennie, le secteur avicole  fait vivre prés de 300 mille personnes. Un véritable success story. A cela s’ajoute l’émergence d’une filière comprenant industriels, transporteurs, producteurs et commerçants.

Toutefois, les capacités productives ne sont pas exploitées au maximum car l’aviculture ne se résume pas à la simple production de poulets de chair. Canards, dindes, oies, pintades, cailles, pigeons et bien d’autres oiseaux peuvent enrichir l’offre. Le fait est que certains d’entre eux ne bénéficient pas du même intérêt que le poulet. Pourtant il y a des risques liés à la mortalité des  sujets en cas d’épidémie pour une espèce.

Pour les canards par exemple, les mêmes conditions  d’élevage que les poulets de chair peuvent offrir d’excellents résultats en terme de production de chair et d’œufs. Evidemment d’importantes économies seront réalisées au niveau des charges (aliments) tout en garantissant des revenus correcteurs aux éleveurs. Pour ce faire, il faudra un travail pour la promotion de la viande de canard puisqu’elle souffre de préjugés injustifiés.

Aujourd’hui, à la croisée des chemins, nous avons l’occasion de booster encore plus le secteur avicole. Produire de la viande de manière intelligente, générer des emplois et des revenus aux nationaux.

Mohamed Seck

Images guinarImages poulet

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Aviculture Sénégal Mohamed Seck

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