La sage-femme et sa toilette

Principal, la crème

Autant le dire : la santé constitue un luxe dans notre pays. Après avoir fait le tour des hôpitaux, nous nous retrouvâmes finalement à l’hôpital Principal, la crème car toutes les autres structures ne disposaient pas du service que nous sollicitions, à l’époque.

Un diagnostic initial fut effectué ; diagnostic a posteriori convaincant. Etape suivante : pour être admis, une caution fut versée.

-Avez-vous droit à une imputation budgétaire ? nous demanda le caissier.

-Officiellement, non, lui disions-nous ! Il n’était pas nécessaire de motiver notre réponse à cet instant.

Il nous demanda ensuite si nous étions en mesure de verser une caution de prés de cent mille francs.

Tel était le premier à poser avant de bénéficier d’une prise en charge sanitaire. La personne malade fut hospitalisée.

Tout s’est passé en dépit de deux incidents :

Première partie :

La sage-femme et sa toilette

Un jour, en début de soirée, notre malade ne se sentant pas bien tira la sonnette d’alarme. Personne, aucun membre du personnel ne vint à son chevet. Elle insista à un point tel que nous pensions qu’elle en faisait, quand même, un peu trop. Toujours est-il qu’elle souffrait et se tordait de douleurs, de toutes sortes.

Devant cette urgence, nous sortîmes de la salle et nous rendîmes à la chambre de garde. Sur place, nous trouvâmes deux femmes en blouses blanches en train de discuter malgré le bruit strident de la sonnerie.

Faisaient-elles la sourde oreille parce qu’elles étaient habituées aux faits ? Toujours est-il qu’elles ne devraient pas jouer avec la santé des autres : une simple question de responsabilité et de conscience professionnelle.

Celle qui était de garde nous promit d’envoyer son assistante, son interlocutrice. Celle-ci passera s’occuper de notre malade et nous promit de repasser au bout de trente minutes.

Passé ce délai, le mal persistait et notre malade, ne pouvant plus tenir, lança à nouveau un SOS. Elle appuya sur le bouton à intervalles réguliers et avec insistance.

Nous ne voyions toujours pas, après quelques minutes d’insistance, l’ombre d’une quelconque blouse blanche. Nous prîmes alors la résolution d’aller à la chambre de garde. La porte était fermée à clef. Nous avons beau insister, aucune réponse ne nous était donnée. Nous dûmes interpeller le vigile qui revenait de sa prière.

-          Où se trouve la sage-femme ?

-          Est-ce urgent ? nous rétorqua ce gardien.

-          Si, ça l’est. A contrario, nous n’aurions point insisté.

Il nous révéla que la sage-femme était à l’intérieur et qu’il nous fallait insister. Ce que nous fîmes et obtînmes gain de cause. Nous frappions avec insistance à la porte qu’elle ouvrit à l’instant qui suivit.

Choqué, nous nous rendîmes compte qu’elle s’était enfermée pour les besoins de sa toilette. Elle était de teint clair, portait de grosses boucles d’oreilles, une mini jupe de couleur bleue et des hauts talons blancs.

-Excusez-moi. Pouvez-vous passer voir  notre malade, lui disions-nous ?

- Celle qui est garde va passer, nous répondit-elle.

-Quand va-t-elle venir ? Celle qui était passée nous avait promis de repasser et vous, vous osez nous parlez d’une autre. S’il vous plait occupez-vous de notre malade. Nous ne sommes pas d’humeur à attendre. Nous sommes bien à l’hôpital Principal. La qualité du service doit allait de pair avec la cherté du prix.

Elle avoua que la première ne lui avait pas rendu compte. Ne sachant pas que ce n’était pas si important pour nous. Nous sollicitions une assistance que nous aurions à la faveur d’un coup de gueule.

Trop bon, trop con. Nous voulions vous laisser faire votre travail et n’avions point voulu vous juger malgré ce que les autres nous disaient sur votre compte (c’est la méchante qui est de garde), mais là vous nous poussez à bout. Cette fois-ci c’est nous qui sommes concernés au premier chef.

Nous prîmes notre carnet et commençâmes à rédiger lorsque nous la voyions se démener pour se diriger au bloc opératoire avant de revenir avec une autre qui n’ayant pas auparavant mis sa blouse était en mode jean bleu moulé, hauts talons et cheveux naturels. Cette dernière dut retourner à la cabine quand elle sentit le besoin de mettre des gants.

Celle qui se préoccupait de sa toilette supervisa la scène et put peser de tout son poids afin que notre malade soit prise en charge.

Toute vie humaine est sacrée. On ne devrait jamais en arriver à banaliser sa profession qui plus est s’il s’agit de la santé, de l’éducation ou de quelque autre secteur que ce soit.

A suivre

Deuxième partie : Principal, la crème

Le caissier pressé de rentrer en prit pour son grade

 

 

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Date de dernière mise à jour : mardi, 12 Août 2014