Chauffeurs de bus 3D pas si corrects

Chronique 3

sur-ibnoze-009.jpgEn tant qu’abonné du réseau Dakar Dem Dikk, nous avons préféré attendre le bus à son arrêt de la Zone A.  A  peine sommes-nous restés durant cinq minutes qu’un bus se gara devant nous  suite à un signe de la main que nous  fîmes au chauffeur. Sitôt entrés, sitôt assis car le dimanche est habituellement mis à profit par de nombreux clients pour se payer un repos dominical bien mérité après une semaine  au moins, de stress ambiant.  

La voie étant presque dégagée, le conducteur de la ligne 9 (c'est-à-dire l’axe Liberté 6 – Palais) se permit une fois devant les feux de signalisation tricolores sis non loin du Lycée Blaise Diagne, de ne pas marquer l’arrêter absolu malgré le feu rouge.  Fait inédit qui mérite d’être souligné car les chauffeurs  3D (comprenez Dakar Dem Dikk) sont réputés corrects.

A l’arrière dudit bus se trouvait une bande de copains qui avaient transformé le lieu en grand place. Ils étaient trois jeunes, la vingtaine environ, habillés en mode rappeur : jeans slim, tee-shirt et casquette pour l’un ; jeans,  polo, bonnet pour le deuxième et blouson pour le dernier. Très bavards, ils racontaient, à qui voudrait les entendre, leur soirée du samedi ; les conquêtes qu’ils ont faites durant leur sortie nocturne dans une discothèque de la place. Après cette séquence, le plus loquace monopolisa la parole. Il raconta l’histoire de l’une de ses voisines qui, n’ayant pas les moyens de ses folies, voulait se faire passer pour ce qu’elle n’était en jouant à la capricieuse. Voulant se dédommager, il soutenait qu’il lui venait en aide très souvent et si elle ne faisait pas attention il ne manquerait pas d’abuser d’elle, selon la formule   gagnant-gagnant (win-win en anglais) ou « rokki mi rokka » au Sénégal.

Pour convaincre ses deux camarades sur le bien-fondé de ses propos, il disait, en utilisant les ressources de l’hyperbole, qu’un jour cette même fille avait marché de Gorée à Dieuppeul. Depuis lors la question qui nous taraude l’esprit c’est le moyen utilisé pour la traversée Gorée-Dakar.

Au retour nous prîmes la ligne 8 (allant du Palais à l’aéroport autrement dit d’un bout à l’autre de Dakar) devant l’hôpital Aristide Le Dantec. Autre fait inédit qui nous a laissé perplexe : le chauffeur roulait à vive allure comme s’il avait enclenché un contre la montre. Ce qui nous valut un coup de volant assez terrible à la sortie de Sandaga ce qui suscita une stupeur généralisée.  Pourvu que le reste du voyage se déroulât paisiblement pour les autres car à l’arrêt de la célèbre boite de nuit Thiossane nous descendîmes du bus.

Lundi matin, une grande affluence est à signaler dans les rues de Dakar. Tout le monde essaie de trouver un moyen de transport pour se rendre à son lieu de travail ou d’apprentissage (pensée spéciale réservée aux élèves et aux étudiants). Nous croisions vers sept heures et trente minutes des chauffeurs désagréablement surpris par un gendarme en faction sur le boulevard Dial Diop. Ce dernier ayant confisqué les papiers que détenaient par devers eux les chauffeurs transforma le parking réservé aux visiteurs de l’Ecole Nationale d’Administration en fourrière. Ainsi, on y voyait prés d’une dizaine de véhicules particuliers avec des chauffeurs déboussolés et des clients laissés à eux-mêmes : si d’aucuns se rabattaient sur les bus et mini bus qui passaient ; d’autres se contentaient de marcher tout bonnement.

Exceptionnellement  cette opération fut fructueuse si l’on sait que les conducteurs de véhicules appelés communément « clando » diminutif de taxi-clandestins profitent de ce créneau horaire  pour faire de bonnes affaires.

Les « clandos », disons-le, font partie du décor de la capitale sénégalaise car ils parviennent à résoudre les problèmes de bon nombre de Dakarois qui voulant se rendre à divers endroits ne parviennent pas à se payer un taxi du fit du coût élevé ou des bus dans lesquels la place assise n’est pas garantie. 

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Date de dernière mise à jour : mercredi, 24 Avril 2013