Chronique vingt neuf

Dakar-Thiés express

A la gare urbaine de Colobane, nombreux furent les clients en partance pour la capitale du Rail. En un rien de temps, le véhicule du type de transport « sept places » vit toutes ses places occupées. Sous prétexte de ne pouvoir se mettre à l’arrière, un jeune d’une vingtaine d’années décida d’attendre le « 7 places suivant » a moment où une autre cliente, plus pressée, accepta ce qu’il refusa.

Et le convoyeur encaissa le prix du ticket 1 500f par client. On prit aussi soin des bagages des clients. Il n’y eut point de problème de monnaie malgré les billets de 10 000f ou 5 000f présentés. Un jeune homme travaillant sur place en qualité de rabatteur nous indiqua qu’il fallait en sus du ticket prévoir 200f pour l’autoroute à péage. Ce qui arrangeait tout le monde vu qu’on avait hâte de nous retrouver à bon port.

Le chauffeur s’installa et fit entrer ses mains dans ses poches à la recherche d’une pièce. Sa quête fut vaine. Une femme, du troisième âge, assise à l’avant lui prêta 100f afin qu’il remette la pièce à l’ayant droit.

 Nous quittâmes la gare vers 18h 20 minutes. Notre chauffeur s’arrêta à la station d’à-côté pour faire le plein lorsque nous remarquâmes la présence d’une petite fille qui voyageait avec sa maman. Elle détendit l’atmosphère en déclarant : «Yaye,  essence bi  dafa diex ? Dafay dieunde essence ?» -  il achète du carburant ?

-          Oui ! C’est ce qu’il est en train de faire.

Le voyage à proprement parler commença au sortir de cette station. Le chauffeur quoique jeune nous donna des gages de sagesse. Il conduisait normalement jusqu’à ce que nous nous trouvions à la gare de péage de Thiaroye. Entretemps nous nous étions cotisé 200f chacun pour honorer le prix du ticket.

Nous remîmes la somme requise au chauffeur non sans l’interroger sur sa non participation.

Au moment de payer le ticket, notre jeune fille interrogea à nouveau sa maman : Yaye essence bi dafa diex ?

-          Non pas encore ; on doit payer sur cet axe.

Nous reprîmes la route avant d’arriver à l’autre gare de péage sise à Rufisque, le téléphone du chauffeur n’arrêtait pas de sonner. Il décrocha pour donner rendez-vous à son interlocuteur au croisement Diamniadio. Il lui indiquait qu’il serait sur pace au bout d’une dizaine de minutes.

Vers la fin temporaire de l’autoroute à péage, le téléphone sonna à nouveau, à l’unisson nous demandâmes à notre jeune chauffeur de ne point décrocher. Notre attitude était consécutive à un coup de volant salvateur alors qu’il roulait à grande vitesse. Il laissa son téléphone sonner. Non loin du croisement Diamniadio, il s’arrêta au lieu indiqué, fit descendre sa vitre et klaxonna pour se faire remarquer. Il remit la commission à son propriétaire, et nous pouvions voyager en toute tranquillité jusqu’à la gare routière de Thiés.

Sunumbir: notre affaire

Chronique d'un usager des transports 

 

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