De grands enfants indisciplinés

Ils ne pouvaient se taire dans le bus

                                                       Dans le bus, avec des jeunes tout taquins :

bus-sunlong.jpgUn groupe de jeunes d’une quinzaine d’années nous aura tenu haleine dans le bus : du point de départ que constitue l’ancien Palais de justice à la Zone B. Ils étaient neuf au total et avaient occupé autant de places assises à l’arrière du bus Sunlong de la société DDD : les cinq sièges du fond et les quatre  autres situés tout près.

A l’arrêt du bus se trouvant en face de l’hôpital Aristide le Dantec, nous montâmes à bord et les trouvâmes confortablement installés  étant donné qu’ils l’avaient pris plus tôt.

Ayant montré patte blanche au receveur nous nous dirigeâmes à l’arrière où il restait quelques rares  places assises. Sitôt installés, nous remarquâmes  une animation inhabituelle à mettre à l’actif de ces adolescents en provenance de la plage.

Le bus venait de reprendre son parcours. Nous étions devant le siège du tout nouveau Conseil Economique Social et Environnemental quand nous sentîmes le besoin de leur demander d’être moins insolents en ces termes :

-Salut Grands ! Vous allez bien ?  S’il vous plait discutez poliment sans insulter. 

Salutd’accord grand, lancèrent-ils à l’unisson. Il y avait une certaine effervescence qui faisait qu’ils essayassent de montrer qu’ils avaient compris le sens de notre message.

D’ailleurs, sur un ton moqueur, l’un deux repris la consigne : le grand nous demande de parler sans insulter.

Il y eut un semblant de silence, qui ne dura que  quelques secondes. Non loin de l’hôpital Principal d’autres clients rejoignirent le bus parmi ceux-ci, deux femmes : une dame d’une cinquantaine d’années et une autre moins vieille trentenaire, peut-être : toutes deux eurent droit à une place du fait du droit d’ainesse : deux jeunes leur cédèrent leur place. La plus vieille eut son sésame sans problème. Au moment où l’autre du fait de son statut, elle portait son enfant ;  demanda qu’on lui cédât  la place. L’un  des jeunes avait tenu à souligner à la jeune femme que son bébé continuerait difficilement son sommeil au milieu de ce tumulte. Il se mit, à son corps défendant, sur le marchepied : là au moins je ne serais pas obligé de céder ma place, dit-il.

De grands enfants indisciplinés :

Ils  parlaient de tout se permettant même reporter un match de foot ball retransmis pourtant par la radio du bus. Faisant du coq à l’âne ils passèrent du football à la lutte.

A Sandaga, nous revînmes à la charge notre unique préoccupation était de voir s’ils habitaient ensemble. Oui, nous répondit un d’entre eux qui manipulait son portable. Alors, nous lui conseillâmes de soumettre à l’appréciation du groupe une nouvelle pause, pour reprendre une fois chez eux.

C’était sans compter avec un ton espiègle dont ils étaient les seuls à avoir la maitrise. Ils consentirent à la pause mais à quel prix ? Leur procédé était le suivant : opérer des minutes de silence qui ne duraient même pas.

Tout y passait :

Nous les trouvions insolents, incorrects même si nous les prenions par instants pour des comédiens, n’hésitant pas à rire. Près du rond-point de la Poste de Médina, celui qui portait un tee-shirt rouge timberland se plaignit de la lenteur du voyage. Il évoqua son père qui était excellent chauffeur,  les autres ne ratèrent pas ce dernier.

Un autre en polo bleu raconta le jour où un de leurs voisins, sous l’emprise  de la drogue, insultait de mère sa mère. Ses camarades trouvèrent la séquence drôle,  très drôle.

Quelques minutes après sur le boulevard du Général de Gaulle, ils appelèrent celui qui manipulait son portable  à la rescousse.  Ils sollicitaient  un conte. Le conteur proposa celui d’une foule qui avait enterré un groupe de rescapés suite à un accident. Au moment de mener l’enquête la police interrogea un fou qui en faisait partie. A la question de savoir s’ils étaient déjà morts avant l’enterrement dans la fosse commune,  le fou répondit il y en avait qui disaient pouvoir tenir le coup mais dès l’instant qu’il s’agissait de politiciens, je me suis dit qu’ils étaient tous des menteurs. Ses amis  ne trouvèrent pas son conte intéressant. Ils en réclamaient d’autres.

Ils se moquaient de tous ceux qui, dans le bus, leur demander de se taire. Après enquête, nous sûmes qu’ils habitaient à la cité Bissap. Et, à partir de cet instant nous comprîmes qu’ils ne pourraient se comporter autrement. Prés du Lycée des jeunes filles John Fitzgerald Kennedy, ils tournèrent en dérision  les laveurs de voitures qui s’occupaient de leurs tâches.

Nombreux furent ceux qui voulaient qu’ils soient plus sages, au cas échéant le déplacement à bord de bus se déroulerait tranquillement. Mais, devant l’insistance de cette bande de jeunes, tous comprirent qu’il fallait supporter ces perturbations.  

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