Il saignait du nez et l'ignorait royalement

Chronique douzième

bus-sunlong.jpgDDD : Un vendredi riche en événements. Il saignait du nez et l'ignorait royalement.

Vendredi 19 Avril 2013. Tôt le matin,  lorsque nous avons senti que nous accusions un léger retard, nous nous promîmes de ne point nous mettre la pression. En effet, suivant notre calcul, il nous serait impossible d’arriver à la pile de sept heures au marché des HLM précisément à l’arrêt de bus pour prendre la ligne 11 ou P11.

Nous arrivâmes finalement à sept heures et dix minutes et fûmes obligé de nous rabattre sur la ligne 2 qui nous mènera jusqu’à hauteur de Bountou Pikine.

Le voyage se fit sans incident. Moins de trente minutes après nous nous retrouvions à Pikine. Nous descendîmes du bus pour en attendre un autre : le15 qui passe par l’autoroute, le 11 ou le 218 qui quitte Ouakam pour le terminus sis derrière La Poste de Thiaroye.

Finalement c’est cette dernière ligne qui fut l’heureuse élue. Sitôt entré, sitôt assis : nous eûmes la chance de trouver une place inoccupée non loin du chauffeur.  Nous présentâmes notre carte à celui-ci et continuions à écouter les infos sur RFI.

Tout se passait normalement. Chaque client donnant libre cours à ses pensées en regardant par-ci, par là. Quand nous nous approchions de l’arrêt surnommé SIPS, un fait assez important aura retenu notre attention : fallait-il le signaler ou pas. Nous mîmes du temps à hésiter. Un instant plus tard, nous décidâmes de nous  en ouvrir au principal concerné. 

Il portait  un pull de couleur noire au col roulé avec une chemise rouge, un jean noir assorti de chaussures de la même couleur. Nous lui fîmes signe de la main. Ce qu’il comprit un peu tardivement, à la faveur de notre insistance. Il fit ainsi un pas vers nous pour s’enquérir de ce que nous voulûmes lui dire.

Excusez-moi Monsieur, vous saignez du nez, lui disions nous.

Ah bon, nous lança-t’il ?

Il avait cet air qui nous montra qu’il n’avait pas réalisé notre remarque. Il s’était redressé et attendait le prochain arrêt vu qu’il en avait déjà fait la demande. Sur ce, nous nous sommes dit qu’il fallait être plus précis.

De la tête cette fois-ci, il sut qu’il devait parler à nouveau avec nous.

Nous lui disions Monsieur, vous saignez du nez. Comprenez  par là que votre braquet reste ouvert.

Ah ! Merci mon cher

Il  s'exécuta en refermant ce qui devait l'être.

Au terminus, nous quittâmes comme il se doit le bus. Nous préférions marcher pour nous rendre à notre lieu de travail, histoire de découvrir des choses ou de voir des images que nous immortaliserons avec notre appareil numérique.

Nous passâmes par l'espace, nouvellement aménagé, réservé aux piétons sur l'autoroute à péage.

Plus loin, devant l'hôpital de Pikine, nous aperçumes un agent de la société NICKEL, en charge du nettoyage professionnel dudit hôpital. Avec son uniforme de couleur rouge , sa casquette grise et son balai, le gars en question, la vingtaine environ, avait cessé de travailler pour contempler sur plusieurs métres les rondeurs de cette fille qui passait, habillée en mode taille basse dévoilant les moindres contours de son corps.

L'agent expliqua à son collégue sa préférence pour les grosses qui constituaient pour lui une source de motivation.

Dans l'aprés midi, nous devions rentrer aprés un cours dispensé à l'Institution Al Zahraa. A partir des allées du Centenaire, nous prîmes le 13 jusqu'à la place de l'Obélisque. Le bus était archiplein : nous y étions entassés comme des sardines. Le voyage se faisait non sans difficulté.

A chaque arrêt, venaient nous rejoindre de nouveaux clients mus par l'unique souci : se retrouver à un autre point de Dakar grâce au réseau Dakar Dem Dikk.

Dans ces conditions, les nerfs sont à fleur de peau. Nous assistâmes, ainsi, à une altercation entre : un vieux d'une quarantaine d'années qui voulait voyager à bord du bus et d'un adulte proche de la quarantaine.

Quand le premier faisait des pieds et des mains pour trouver une place, le second eut le culot de lui dire qu'il n'y avait plus de place.

Le vieux ne put compendre la remarque de son interlocuteur. Il n'hésita pas à déverser sa bile.

Va te faire... Comment se fait-il qu'il n'y ait pas de place ? Ce n'est à toi de me dissuader car tu n'es qu'un client. Il bouscula des clients restés à l'entrée.

A la suite cet incident le voyage reprit son cours et l'échange de propos avait déteint sur l'ambiance dans le bus.

N'est-ce pas un vendredi riche en événements dans le bus DDD?  

M. Diallo Ibnou

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Date de dernière mise à jour : mercredi, 24 Avril 2013