Seconde partie : "Chat échaudé, craint l’eau froide"

Dakar- Saint Louis, un voyage à bord de deux "7 places".

Seconde partie  : "Chat échaudé, craint l’eau froide" ou en ouolof "ku ndobine rey sa maam..."

 

100-7064.jpgIl nous fallait apprendre de nos erreurs. Au bout de plus de 70 kilomètres, nous nous séparâmes  de notre chauffeur-dictateur qui n’eut point de peine à trouver un remplaçant qui nous conduirait, cette fois –ci, jusqu’à Saint Louis. Le « yakalé » ou transvasement se passa sans aucun anicroche.

Notre principale appréhension consistait à savoir si nous aurions droit à un parcours normal, sans tracas. A l’opposé des arguments fallacieux que cet habitué de la gare routière de Thiés nous avait plus tôt servis, le nouveau chauffeur, par ailleurs, plus âgé et plus mature que le premier tenta de nous rassurer ; quoique sa carcasse semblât plus vielle que la première.

Mais, à présent nous ne fierons plus aux apparences qui pouvaient bel et  bien être trompeuses.

Les deux chauffeurs firent le troc. Le plus jeune des deux, en l’occurrence celui de Dakar-Thiés donna au démarcheur qui avait maintenant finit de ranger les bagages sa commission.

100-7065.jpgNous pouvions repartir. Sous un soleil qui dardait ses rayons,100-6584-1.jpg nous, les clients, en avions profité pour acheter sachets d’eau, bonbon, œufs durs ou « nene bakhale pour reprendre cette affiche qui nous fait toujours marrer), etc. Il nous restait des centaines de kilomètres et il fallait se prémunir. S’il vous plaît, ne pensez surtout pas aux effets des œufs durs.

Thiès nous offrit son décor habituel fait de Jakartas avec leurs conducteurs ne respectant point  les normes de sécurité. Le voyage promettait d’être dur : avec ce soleil du Cayor ne nous faisant pas de cadeau.

Dans son opération de charme, le nouveau chauffeur tentait de nous convaincre en conduisant tranquillement. Il voulait nous donner plus de gages car ayant tantôt promis un voyage paisible. Au bout de prés d’une heure trente minutes de route, nous nous rendîmes compte qu’il était comme tous les autres : peu sérieux.

A quelques mètres de Kébémer, il s’arrêta et prit un ticket. Après enquête, il indiqua qu’ils’agissait d’un bon à prendre à l’entrée de la région de Louga et qu’il présenterait à sortie de la même ville. Il  y eut un problème, le chauffeur était dans l’irrégularité. En effet, il avoua avoir enfreint  la règle qui faisait qu’il dût payer une redevance de plus de quatre mille francs, pour défaut de stationnement.

Conscient de son infraction, il avait malgré tout décidé de négocier afin d’arranger les choses à l’amiable : sans bourse délier. Les membres du bureau de contrôle contre les maraudages pouvaient se frotter les mains : ils l’eurent après l’avoir attendu au tournant.

Le policier qui promeut la corruption

Le policier qui, assurant la garde sur place, se positionna en contre-modèle. Ayant su ce qui  s’était passé, il lança à notre compagnon de voyage et futur ami :

-Ils se connaissent bien. Votre chauffeur n’a qu’à coopérer, en nous offrant de quoi nous payer le thé.

Après avoir donné ce conseil, il se dirigea derrière le bureau pour se soulager. Visiblement perturbé par son téléphone qui sonnait, il se retourna, fit quelques pas vers nous avant de se rappeler qu’il saignait du nez et referma la braguette du pantalon de son uniforme.

La situation allait pourrir. Notre stationnement durait depuis plus d’une vingtaine de minutes. Nous en avions marre et il fallait bien le faire savoir à ceux-là qui s’adonnaient à un véritable dialogue de sourds. Nous pensions ainsi à la distance qui nous séparait de l’ancienne capitale de l’Afrique Occidentale Française. Ainsi, nous descendîmes du « 7 places », M. le présentateur de l’émission sur les Nouvelles Technologies de l’Information et du Développement et nous afin de mettre la pression sur notre chauffeur qui voulait se complaire dans cette situation.

M. Konté qui espérait vaille que vaille redescendre sur Dakar après avoir vu sa mater dut débourser 2000 francs supplémentaires pour mettre fin à cette négociation qui n’en finissait pas.

Nous reprenions le voyage et étions obligés d’interroger le chauffeur sur certaines pratiques en vogue sur nos routes. Le sous développement fait que nous ne nous rendions point compte des pertes de temps engendrées pour des voyages de moins de 500 kilomètres.

Echanges d'idées entre clients pour un nouvel envol sénégalais

M. Konté ne manqua pas de souligner que les choses devraient changer. Pour lui, une révolution, ne serait-ce que sur le plan des mentalités, va forcément s’opérer dans ce pays et il faudra la mettre à l’actif de cette nouvelle génération qui n’acceptera plus certaines pratiques malsaines.

Celui qui devait raccompagner les pensionnaires de l’école coranique Serigne Mouhsine Diop nous demanda d’œuvrer ou de continuer à œuvrer pour un changement qualitatif des comportements. Il nous a interpelés en tant qu’intellectuels. Nous voulions lui faire savoir que seuls les intellos ne pourraient changer quoi que ce soit.

Il y eut des échanges fort utiles sur le devenir de notre pays. Arrivés à Saint Louis, nous nous séparions non sans nous promettre un engagement citoyen faisant que nous mettions nos mains à la pâte pour un Sénégal émergent. Sénégal : sunumbir.

De retour à Dakar nous racontâmes à celui qui nous avait proposé la Citroen XSARA que nous n’avions pu prendre notre mésaventure ; sûr de lui, il avoua que notre « 7 places » ne pouvait nous jusqu’à Saint Louis après ce circuit embouteillé dont nous parlions dans la première partie (Patte d’Oie- Rond point Cambéréne) et rouler sous un soleil de plomb.

Suite et fin

Chronique Vingt et troisième

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Date de dernière mise à jour : dimanche, 01 Décembre 2013