Avec Kémi Séba, les arguments n'ont pas volé bas

Présentation de son essai Supra-Négritude

 

    1601026 10152196400397082 1036630851 n           Vendredi 24 Janvier 2014, le Centre Ouest Africain (WARC en anglais) en collaboration avec la maison  d’édition L’Harmattan Sénégal nous convia à la cérémonie de présentation et de dédicace de l’essai Supra-Négritude, autodétermination, anti victimisation, virilité du peuple de Kémi Séba, panafricaniste révolutionnaire, conférencier et chroniqueur au Grand Rendez-vous de la 2STV.

     Une fois dans la salle, Kémi Séba invita le public à se rapprocher pour rendre la rencontre plus conviviale. Il regretta le retard accusé par les uns et les autres tout en saluant la présence d’éminentes personnalités à l’instar du Général Mansour Seck et du Professeur Amady Aly Dieng.

     100 7832M. Ousmane Séne, Directeur dudit Centre, pouvait, à présent, prononcer son solennel mot de bienvenue et dévoiler la surprise qu’il réservait au public. En effet, il annonça avoir fait venir M. Babacar Niang, sculpteur de profession doublé d’imitateur de Léopold Sédar Senghor, afin qu’il restituât le timbre du défunt poète. 

    Il déclama quelques discours et poèmes dont Femme noire qui sera, plus tard, au cœur des discussions. Au bout de prés d’une dizaine de minutes, M. Niang se perdit dans ses œuvres et assura qu’il était sous le coup de l’émotion. Entretemps, il avait reçu un cadeau, un catalogue titré SENGHORAMA, de la part de M. Séne qui lui en avait fait la promesse.

  La séance put prendre son envol. M. Malick, très présent sur seneweb était chargé d’introduire M. Séba qui, selon ses termes, était engagé depuis un peu plus d’une décennie dans un combat à la valeur incommensurable. Malick laissa, néanmoins à M. Kémi le soin de présenter sa nouvelle vision.

  M. Kémi commença par les salamalecs d’usage. Dés l’entame de ses propos, il montra clairement qu’il s’inscrivait dans une logique d’échanges et non de conférence à sens unique. M. Séba nous proposa de faire la genèse de son ouvrage avant de présenter son essai pour enfin ouvrir le débat à travers une série de questions/réponses.

 Quelques aspects du parcours de Kémi Séba

   100e7835Agé de 33 ans, Kémi Séba évoqua ses origines béninoise et se présenta comme un militant panafricain, déjà activiste politique à 18 ans. Il parla de la question identitaire à laquelle étaient confrontés les jeunes des banlieues, parisienne en particulier.

  Très tôt, il fit son choix consistant à militer pour les causes des afro- descendants. Parlant de son expérience, il avoua avoir inversé la tendance car, disait-il, il partit de la pratique pour aboutir à la théorie. 

  Kémi Séba fut emprisonné en 2007 sous le régime de Nicolas Sarkozy pour le délit d‘incitation à la haine raciale.  Il verra aussi deux de ses mouvements interdits en France. M. Kémi taxé d’anti blanc a réaffirmé sa volonté d’agir sans maître à penser pour combattre nos tuteurs autoproclamés. Sa lutte vise les oligarques occidentaux qui proposent un seul  schéma de pensée au nom du « mondialisme ».

Supra-Négritude

  La négritude a vu le jour durant la période coloniale rappela Kémi Séba. A contrario, l’essai Supra-Négritude avait pour but de combattre ceux qui « caresser les cheveux des Africains afin de contrôler leur pensée, leur quotidien ».  

   Pour dissiper toute confusion, Kémi Séba salua le travail inégalé et inégalable de ses ainés, pionniers de la négritude dans leur logique réactionnaire. Selon M. Séba le concept est passé d’une acception péjorative à une conception méliorative.

  «Supra » répond à la volonté de notre essayiste de transcender, d’aller au-delà de la négritude. Pour lui, l’heure du bilan avait sonné et qu’il fallait garder une distance historique et critique vis-à-vis de ce mouvement pour la réhabilitation de la race noire. Au demeurant, tenait-il à souligner, Kémi Séba ne s’arrogeait aucun droit pour donner des leçons.

   M. Séba opte pour le passage de l’exaltation de la fierté de soi à une rupture de fons. Il parla des principaux animateurs de la négritude. Il rappela le choix de Césaire pour l’autonomie et non pour l’indépendance. Quant à Senghor, il nourrissait un grand respect, une forte admiration pour lui jusqu’à ce qu’il apprit que ce dernier, malgré son poème Femme noire, avait épousé comme du reste, Cheikh Anta Diop, une occidentale. Damas qui fut député socialiste constituait sa préférence.

   Kémi Séba est pour l’anti victimisation afin de créer un Nouveau Type d’Africain analogue au NTS.  Il voudrait que les africains aient le sens de l’horloge et comprennent que la main qui finance nourrit.

   Il est plus facile de critiquer dira-t-il, en faisant allusion à ceux qui lui reprocher d’adopter une démarche sexiste à travers la facette virilité du peuple de son essaiEtymologiquement parlant, virilité renvoyait selon son entendement à l’héroïsme : pour une population actrice de son destin.

   Pour conclure M. Séba reprécisa les raisons qui l’ont poussé à s’engager en vue d’un panafricanisme réédité ou version 2.0. Place fut faite aux réactions du public.

    M. Amady Aly Dieng évoqua la peur métaphysique qui gagne les jeunes car sans emploi après les études. Parlant de Senghor, il invita la jeune génération à lire Liberté I pour le comprendre. Il regretta qu’on puisse caresser un texte sans pour autant le lire.

   Panafricanisme, panarabe, etc., M. Dieng s’interrogea sur le type de stratégie de défense à adopter.

   Cheikh Anta Diop était pour un Etat fédéral africain, ajouta-t-il. Il voulut savoir si M. Seba était influencé par le marxisme. Faire preuve de réalisme, telle pourrait être sa conclusion car l’expression Ministre panafricain de … serait énorme.

    Kemi Seba répondit en disant qu’il ne s’agissait pas d’un panafricanisme d’opposition pure. Il renchérissait l’opposition comme finalité n’est pas notre choix. Seba parla de ses autres casquettes (porte-parole d’un programme d’éco village, entrepreneur, etc.) qui l’aidaient à mettre en place un panafricanisme de proposition.

   A sa suite le Général Mansour Seck prit la parole pour que le public majoritairement jeune puisse prendre part aux échanges. Il montra à quel point M. Dieng pouvait ébranler certaines certitudes dans le but d’inciter à la réflexion voire à la polémique. Général Seck rappela les compliments racistes qu’il recevait et le fameux discours de Sarkozy à Dakar.

   Le cas Dieudonné sera aussi débattu lorsque Kémi Séba annonça son soutien à cet humoriste qui selon le conférencier fait face à peu prés à la même répression politique dont il fut victime.

   M. Seba est un homme de paix, dira cet autre intervenant qui l’invita à aller de l’avant. Pour Kemi Seba il faut lire entre les lignes et décrypter certains signaux pour échapper aux lobbies qui veulent nous garder en captivité.

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Date de dernière mise à jour : lundi, 27 Janvier 2014