Professeur Abdoullah Cissé lors de

L'inauguration du siège de la CSPC

100 7416Initialement prévue à 15 heures, l’inauguration  du siège de la100 7415 Coalition du Secteur Privé contre la Corruption aura eu lieu vers 16 heures.

Si les conférenciers étaient sur place un peu après l’heure prévue, les autorités de tutelle ou administratives arrivèrent au-delà de 15 heures  45 minutes.

Avant le démarrage des activités, nous avions pu assister à des scènes dont le mérite fut de nous détendre alors que nous étions dans une attente angoissante.

100e7435Nous eûmes droit au défilé des photographes qui, en profitaient pour faire de bonnes affaires. Ils pouvaient vous photographier à votre corps défendant.

 Mis devant le fait accompli, cet homme quarantenaire en mode costume, cravate  dira : c’est trop, on n’a pas assez d’argent pour toutes ces photos. Vu qu’il n’était pas ferme, le photographe fit fi de ses préoccupations.

Nous étions assis  à côté d’un sexagénaire   qui ne cachait pas son pessimisme : dans la théorie tout le monde dira oui ; mais dans la pratique ils traineront les pieds. Lui aussi fera les frais des photographes; il s’emportera lorsqu’on lui présenta son portait : fais un tour et reviens après. Vous faîtes de la vente forcée. Ce qui n’est pas juste.

100 7419Oubliant cet épisode, il remercia cette hôtesse qui venait de lui présenter une brochure à l’effigie de CSPC, sur laquelle nous pouvions lire J’aime mon pays. Je lutte contre la corruption. Longue vie à toi. Que Dieu te donne un très beau mari.

Les choses sérieuses prirent ensuite toute leur place. La cérémonie débuta vers 15h55 minutes. Au pupitre, la modératrice ou Maître de cérémonie demanda aux journalistes d’aller devant le nouveau siège de la CSPC sis à la Chambre de Commerce de Dakar pour le dévoilement de la plaque.

Le Minitre de la Justice, Garde des sceaux Maître Sidiki Kaba, qui était à Thiés le matin, venait d’arriver sur place.

Elle insista sur le fait que le problème de la corruption intéressait infiniment le Sénégal. Elle présenta le programme non sans rappeler le caractère symbolique du 09 Décembre marquant la journée internationale de lutte contre la corruption.

 Elle donna d’abord la parole à M. Daouda Thiam, Vice-président de la Chambre de commerce. M. Thiam évoqua les différents organes existants dans le cadre de la transparence. Il insistera sur la volonté des autorités. Selon lui, le nombre ne manquait pas  (Cour des comptes, IGE, CNCC, CENTIF, ARMP, CENA, DCMP, DREAT, etc.), néanmoins qu'en était-il de la qualité ? Sa question restera sans réponse. Il loua la place assez satisfaisante du Sénégal dans le dernier classement de Transparency International à travers son Indice de Perception de la Corruption. A la fin de son allocution, il rappela les propos du Secrétaire général des Nations Unies M. Ban Ki Moon soulignant que  la corruption n’était pas une fatalité et qu’elle découlait de la cupidité d’une minorité d’hommes, qui trompent les attentes de la majorité.  

Madame la modératrice invita ensuite M. Magatte Wade, Président de la CSPC et actuel Président du Conseil d’Administration d’ASKIA Assurances à prendre la parole. M. Wade tenta de répondre à la question pourquoi lutter contre la corruption ? Il insistera ainsi sur les pertes en recettes fiscales qu’engendrait ce fléau. Il montra que le secteur privé était très affecté. Selon ses termes, la corruption rendait le climat des affaires moins attractif.  

M. Wade présenta le Projet de Gouvernance Economique PGE du Ministère de la justice financé par la Banque Mondiale comme un outil visant à améliorer le climat des affaires.

Le représentant de la Directrice des Impôts et Domaines nous proposa un discours qui aura servi à déplorer le cercle vicieux  encourant la corruption.

Madame la modératrice pouvait, à cet instant, inviter le Directeur du contrôle interne de la Douane, M. Elimane Saliou Gningue qui, en moins de 3 minutes parlera de la déclaration d’Harusha. M. Gningue insista sur le rapport de partenariat devant exister entre la douane et le secteur privé.

Sitôt aura-t-il terminé, sitôt aura-t-elle cédé sa place au Ministre de la justice qui demanda à l’assistance d’observer une minute de silence à la mémoire de Mandela. Il se souvint de la visite que cet homme légendaire avait effectuée au Sénégal, 22 ans auparavant. Pour le Ministre, il faut s’inspirer des messages laissés par cet homme d’envergure planétaire.

Il referma cette parenthèse et évoqua le désastre  qu’entretiendrait  une justice corrompue, des magistrats  corrompus ou un témoignage corrompu.

Maitrisant son sujet, il rappela l’orientation définie par M Macky Sall qui, d’après Me Kaba veille au respect scrupuleux des principes de bonne gouvernance. Il affirma que la volonté politique de combattre la corruption, avec la création de l’OFNAC, avait occasionné des progrès indéniables.

Il en voulait pour preuve la satisfaction avec la reconnaissance Mo Ibrahim et TI.  Il soulignera que le secteur privé mobilisé bénéficierait de l’appui de l’Etat.

Il conclura en présentant un proverbe à la fois chinois et arabe stipulant que le plus long voyage commençait par le 1er pas.

Pour terminer sur la dangerosité du fléau et le défi de taille qui attendait tous les combattants de la corruption il rappela les propos d’un de ses amis qui lui disait que les gens avaient corrompu  la démocratie et démocratiser la corruption.

Madame la  modératrice invita les signataires de la convention de la Bonne gouvernance à rejoindre la table. Cérémonie accompagnée par le crépitement des flashs. Des signataires présentèrent tour à tour leurs structures : Leadership Afrique et la Fondation Keba Mbaye.

100 7429La conférence put enfin  démarrer.  M. Abdoulaye Wone présenta son sujet avec une certaine aisance, la CSPC.  A son avis, la corruption rend inaccessible les marchés tout en diminuant la compétitivité.

Dés l’entame de son propos Maître Mame Adama Gueye invoqua une citation de Mandela dans laquelle le plus célèbre des anciens prisonniers disait « Une vision qui ne s’accompagne pas d’actions n’est qu’un rêve. Une action qui ne découle pas d’une vision c’est du temps perdu. Une vision suivie d’action peut changer le monde ».

Il salua la présence du Ministre tout en soulignant que c’est bien d’exprimer la volonté politique mais il faut la concrétiser. Il procèda à une rapide présentation du Code de bonne conduite des entreprises du secteur privé du Sénégal. Maître Gueye s’est inspiré de la Charte de la SONATEL et de la CBAO. Le code en question était composé de 7 chapitres allant des dispositions générales aux dispositions transitoires en passant par les responsabilités de l’entreprise, le comité de promotion de l’éthique et de bonne gouvernance, le suivi et l’évaluation et les sanctions prévues. De manière succincte, il présenta ce code en rappelant la nécessité des actions collectives. Il invita l’assistance à ne pas perdre de vue qu’il n’y a pas de corrompu sans corrupteur. Maître Gueye parlera de synergie faisant que l’Etat se mette en rapport avec la société civile et le secteur privé.     

26d99cc235bb0854e4e1effdc252539aPour conclure, Me Gueye définira la concussion pour montrer que les fonctionnaires devraient restés vertueux. Il annonça la mise en place prochaine d’un label pour créer une émulation.

Le moment tant attendu était enfin arrivé : il s’agissait de la communication du Professeur Abdoullah Cissé, agrégé des universités. Cet avocat inscrit au barreau du Sénégal sacrifiera à la tradition en rendant hommage, lui aussi, à Mandela. Cet universitaire aux dimensions incommensurables saluera le mérite d’un homme ayant porté les valeurs cardinales chères à l’homme. Madiba, dira-t-il, qui luttait pour la dignité humaine, était d’un humanisme et d’un leadership extrêmement  généreux.

Il ferma la parenthèse et reconnut le combat difficile que livrait la CSPC. Notre Professeur  des universités montra que le combat n’était certes pas gagné d’avance mais qu’il permettait à un peuple de se réconcilier avec ses règles.

100e7434Il en venait à l’objet de sa communication : L’entreprise face au risque de la corruption. Sa présentation répondait essentiellement à une question : comment gérer le risque ? Son travail tournait autour de trois points : l’entrée en matière et deux questions essentielles en l’occurrence pourquoi s’engager contre la corruption et comment agir efficacement ? Même s’il tenait à démontrer que les deux questions étaient suffisantes, il aura dans l’entrée en manière utilisé la métaphore de la main avec ses doigts pour proposer les cinq points suivants : repères, contrastes, questionnement, défis et souffles. Tel un cours magistral, Professeur Cissé proposa l’éthique de conformité pour gérer le risque de corruption. Sa conviction est la suivante : la conformité qui n’était pas un acte mais un état allait de pair avec la constance.

En matière de corruption, disait à juste titre Maître Cissé, on n’est sûr de rien, de personne, etc.

Lutter contre la corruption n’est pas une simple affaire d’où cette notion d’entrelacement des enchevêtrements qui le résumait. Agir contre la corruption suppose qu’on puisse à la fois planifier, déployer, contrôler et améliorer un dispositif permettant de mettre la pression.

L’administration sénégalaise ayant en son sein des trous, il faudrait alors établir une charte éthique. Pour réussir cette mission il faudrait protéger les lanceurs d’alerte et promouvoir un certificat anti-corruption. Sa communication prit fin sur ce point.

Des interventions furent notées :

Une dame intervint en premier lieu. Elle déplorait le manque de sécurité des données sur le net et les conflits d’intérêt.

Le deuxième intervenant interpella le Ministre sur le cas des magistrats corrompus et des grâces de complaisance.

Le Général Mansour Seck prit la parole et souligna que c’est le citoyen Seck qui sollicitait qu’on regroupât tous les organes en un seul.

Le quatrième intervenant était entrepreneur. Il présenta un cas ou plutôt une équation ou un dilemme : à la veille de la Tabaski, il devait des sous à ses employés. Face aux lenteurs administratives, devrait-il corrompre un agent pour s’acquitter de ses devoirs vis-à-vis de ses travailleurs.

Le Directeur de la SODEFITEX fut le dernier intervenant. Celui-ci précisa que la corruption ne relève pas de notre culture.

Place était faite aux réponses des conférenciers et du Ministre. Professeur Cissé dira que l’éthique c’est agir au mieux. Il montra aussi les Technologies de l’Information et de la Communication devraient constituer un outil de renforcement de la transparence.

Maître Gueye soutiendra face à l’équation de l’entrepreneur que la corruption n’était pas un choix à promouvoir. Il assura que la formation de déontologue certificateur allait être effective.

Prenant la parole, M. Marchat  dira que la Banque Mondiale souhaite promouvoir la croissance.

A leur suite Maître Kaba relèvera que les magistrats ou avocats fautifs étaient sanctionnés et qu’il y avait même des décisions de radiations. Il regrettera la généralisation et soutiendra qu’il y a des magistrats intègres. M. Le Ministre mit fin à cette rencontre de haute facture à laquelle il assistera de bout en bout en rappelant une séquence du livre du juge Ousmane Camara intitulé Mémoires d’un juge africain. 

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Date de dernière mise à jour : lundi, 16 Décembre 2013