Un très riche vendredi après-midi

Le contexte puis le texte

 102-5159.jpgAu WARC, il fallait se taire parfois et laisser les avions faire.

 Enfin ! Avons-nous envie de dire car ceux qui font les événements ne nous ont pas saoulés ce Vendredi 31 Mai 2013, avec cette victoire inédite de l’équipe nationale du Sénégal sur celle de la France un autre vendredi 31 Mai 2002 ; victoire encore célébrée l’année dernière. Peut-être, parce qu’ils  fêtaient les dix ans, en 2012.

 Vendredi après-midi, il nous fallait saisir des occasions qui n’étaient pas offertes tous les jours. Ainsi donc, nous avons pu assistés aux deux programmes, non sans accuser un double retard : d’abord à la cérémonie de dédicace d’un livre au West African Research Center( WARC) et enfin à l’Institut Français pour les besoins d’une conférence.

 Notre premier retard a fait que nous n’assistassions point au mot de bienvenue du Directeur du WARC, M. Ousmane Séne et à une partie du discours de M. Mamadou Mbodji.

 Dans ce beau cadre du WARC, sous une grande tente, nous prenions part à la cérémonie de dédicace du nouveau livre e M. Amadou Alpha Sy intitulé Les Elections présidentielles au Sénégal de Mars 2012, paru aux éditions L’Harmattan.

 M. Mamadou Mbodji a retracé le processus qui a mené à la deuxième alternance au Sénégal. Le récent coordonnateur du M23 et ancien Secrétaire Général du CUSEMS a évoqué les jalons posés par des structures telles que le Collectif des Acteurs de la Société Civile, Y EN A MARRE, etc.

 102-5162.jpgA sa suite, M. Mame Less Camara, le modérateur, aura donné la parole à l’éminent juriste Ismaila Madior Fall qui a tenu, dés l’entame de ses propos, à saluer et à remercier le philosophe M. Pape Ndiaye, qui fut, par ailleurs, notre point focal à Dakar lorsque nous étions auditeur au Certificat d’Aptitude à l’Enseignement Supérieur (CAES), selon le procédé de la Formation à Distance initiée par la FASTTEF.

 M. Fall a montré comment M. Sy respectait les rendez-vous avec son lectorat. Il l’aura, à cet effet, comparé à Jacques Attali.

 102-5160.jpgSelon lui, cette nouvelle publication est révélatrice de l’histoire politique du Sénégal, avec un choix de ses séquences les plus importantes. Son allocution a été une belle occasion pour revenir sur les victoires de Senghor au taux invraisemblable de 100%.

 Prenant la parole M. Sy a magnifié la présence d’éminentes personnalités parmi lesquelles M. Cheikh Hamidou Kane. Il aura pris le soin de remercier les différents intervenants qui ont en commun leur modestie. Se définissant comme un philosophe dans le sang et dans l’esprit, il aura loué la rigueur et la générosité du spécialiste du droit constitutionnel, en l’occurrence M. Fall.

 Remettant  en cause le radicalisme de certains dirigeants, il citera en exemple la posture de M. Mbodji qui se faisait oublier pour le mouvement auquel il appartenait et celle de M. Camara pour les avancées significatives enregistrées au SYNPICS.

 Il s’est étonné de la capacité des Sénégalais à oublier et a fait part à l’assemblée de l’une de ses préoccupations102-5170.jpg qui consistait à cette bataille à mener contre l’ignorance.

 L’auteur du classique L’Aventure ambiguë a félicité tous ceux qui étaient sur le podium. Il a invité la jeunesse à reprendre la réflexion menée par Cheikh Anta Diop sur l’unité du continent. Persuadé que les petits Etats ne résoudront pas les problèmes des jeunes Sénégalais, Gambiens, Ethiopiens,…, il lancera un appel à l’intelligentsia sénégalaise à réfléchir sur l’avenir de l’Afrique.

 M. Diallo, le responsable de l’Harmattan Sénégal a rappelé la constance de l’intellectuel Alpha Sy qui joue le rôle d’historien du temps présent. Il a souligné que cette nouvelle publication était, à peu prés, un livre sur commande. La suite du débat aura montré que cette commande pourrait être mise aussi bien à son actif qu’à l’actif de la société sénégalaise. 

 

Après la cérémonie de dédicace, la conférence :

 20130531-193128-1.jpgAu Théâtre de Verdure de l’Institut Français (ex CCF) s’est tenue une conférence animée par MM. Ibrahima Thioub et Achille Mbembé sur le thème Les études postcoloniales et la longue durée de l’histoire africaine, avec comme modérateur M. Oumar Ndao. Nous étions spécialement invités par notre voisin M. Paye Falla de la Mairie de Dakar.

 Lorsque nous sommes arrivés sur place M. Achille Mbembé déplorait le développement d’un discours victimaire tributaire d’une dette de l’Occident. Sa conviction est claire «  si nous voulons que la justice prévale qu’on se dise qu’il n’y a de justice sans responsabilité ».

 Ce Professeur d'histoire et de sciences politiques à l'Université de Witvatersrand (Johannesburg) évoquera le contexte de la mondialisation qui fait que toute histoire locale soit traversée par des enjeux globaux. A la suite de M. Thioub, Achille Mbembe présente le colonial d’abord comme un fait historique, ensuite comme un événement psychique ayant des significations multiples et enfin une situation. A ce moment précis, il fera appel à Jean Paul Sartre et à l’africaniste Georges Ballandier.

 achillembembe.jpgLe chroniqueur Mbembe refuse la classification simpliste qui ferait que l’on parle de précolonial, colonial ou postcolonial.

 En concluant le Camerounais Mbembe montrera la nécessité de l’Afrique de proposer une alternative devant le militarisme prôné par les Etats Unis dans la lutte contre l’islam radical ou selon leur terminologie le terrorisme créant de fait une guerre illimitée dans le temps et le mercantilisme défendu par la Chine permettant l’édification de stades, de sièges, etc. moyennant l’exploitation des matières premières,...

En égayant l'auguste assemblée, le directeur de recherche du Witwatersrand Institute for Social and Economic Research (WISER) à Johannesburg dira qu'il avait l'impression de rôtir sous les feux des projecteurs : deux du haut de sa tête et deux autres en face de lui .

 Pour le penseur Mbembe l’Afrique doit faire face à la difficulté en se mettant debout et en créant son propre centre.

 images-5.jpgM. Thioub en répondant à la question d’un intervenant à savoir l’importance de la tenue d’une conférence sur le passé colonial dans l’enceinte d’un bâtiment datant de la colonisation, dira que la colonisation  est une coproduction des colonisés et des colonisateurs.

 Il renchérissait en démontrant que les Africains et les Occidentaux avaient sûrement un passé en commun et non un passé en partage.

 Il insistera sur la responsabilité des élites africaines à agir pour le devenir du continent. Il aura fait part à l’assistance de l’héritage laissé par les colons à Saint Louis avec le cas de Faidherbe Ndiaye qui avait réussi son intégration dans la société sénégalaise. Abondant dans le même sens, il montra comment les colons ont pu placer une cloche à la grande mosquée de Saint Louis, mettre en place une commission ayant en charge le pèlerinage à la Mecque et instaurer le tribunal musulman. Il reviendra aussi sur la casquette fanatique attribuée à Elhadji Omar Foutiyou Tall à l’époque.

 

Les deux séances furent intéressantes. Les plateaux étaient relevés et les échanges étaient fructueux. Vivement d’autres rencontres de ce type.    

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