Du Front de terre à la Police de Dieuppeul (Partie I)

Un affont de taille

Entre ce qui se dit et la réalité, il y a parfois un fossé énorme. Contrairement à ce que nombre de Sénégalais disent la justice joue pleinement son rôle même si elle ne nous satisfait pas quelque fois.

Jusqu’à la Police pour laver notre honneur

Samedi 10 Août 2010, une finale opposait Diaraf au NGB. Ne suivant pas cette rencontre, nous avions préféré nous rendre chez un ami qui habitait au quartier Arafat à Grand Yoff.

100 8422Il est 20 heures et presque un quart quand pour rentrer nous décidâmes de traverser les deux voies du Front de terre après avoir dépassé la  Gendarmerie. A la faveur des bouchons, nous passâmes devant une voiture 4x4 au volant duquel se trouvait un jeune chauffeur qui nous témoigna sa désapprobation en avançant, nous donnant ainsi l’impression de vouloir nous percuter. Notre préoccupation première consistait à garder la vie sauve. Une fois sur le trottoir, nous lui fîmes savoir notre souhait : ne point mourir étant donné que nous étions toujours célibataire et sans enfant.

-Tu n’as pas le droit de traverser par ici, répliqua-t-il.

-Vu que c’est embouteillé, nous pouvions bel et bien passer sans risque, lui disions-nous.

Visiblement très remonté, il sortit de ses gonds en nous insultant à partir de sa cabine, faisant preuve d’une vulgarité inouie : ferme-la ; bouge de là, exactement « doul, tofal feulé ».

-Ah bon ! De telles insanités sont toujours prononcées. Ça fait une éternité depuis que nous ne les entendions plus, lui servions-nous avec un sourire narquois.

Notre interlocuteur n’en revenait pas. Il roula sur quelques mètres avant de stationner devant l’atelier de couture Guelwaar sis non loin de  l’intersection Front de Terre x Avenue Bourguiba, pour nous attaquer, du moins nous agresser verbalement. Il ne nous rata point. Il nous insulta copieusement devant quelques curieux constitués en majorité de filles qui nous incitaient à répondre à la provocation. Elle tentèrent de verser de l’huile sur le feu :

«  Quand un homme comme toi t’insulte, il faut l’insulter. Quand un homme comme toi bande ses muscles, il faut lui montrer que vous êtes aussi fort que lui.  A ta place, nous aurions … nous lui aurions fait …»

Imperturbable, nous encaissions ces insultes de père, de mère, etc. Ce qui ne fut point facile.

La suite, vous l’aurez sur www.sunumbir.com

Porter plainte

Suite

Il portait un maillot de l’ASC NGB, une culotte blanche et des chaussures de sport. Non content de nous insulter, il nous invita à une partie de coups de poing pour solder nos comptes.

-          Viens, on va régler notre différend, «  entre hommes ».

-          Pour rien au monde nous ne nous donnerions en spectacle dans la rue.

Notre refus  fit monter d’un autre cran sa colère : la goutte d’eau qui fit déborder le vase provenait de cette réponse quand nous lui disions que nous étions un éducateur, que nous nous devions d’être un modèle que nous aurions tort si nos élèves nous voyaient nous battre.

Une autre série d’insultes s’ensuivit pour nous pousser à tomber dans le piège de la provocation. Ce que nous refusions toujours bien vrai que nous n’en revenions point malgré une forte pression à mettre à l’actif de passants et autres curieux décidés d’en savoir davantage :

-Grand, tu te fais insulter par un homme et tu ne dis rien. 

Notre réponse les déroutait :

-          Dîtes nous là où se trouvent ces insultes par devers nous, sur notre polo ou notre pantalon le cas échéant nous répondrions.

-- Dépités, certains trouvaient que ce n'était pas la peine d'insister.

Nous étions à moins d’un mètre l’un de l’autre et entretenions un véritable dialogue de sourds. Nous n’en vînmes point aux mains malgré les nombreuses incitations de ces passants de mauvais augure.

Conscient qu’il n’y aurait point de combat, notre agresseur, sous l’impulsion de quelques bienfaiteurs, retourna sur ses pas. Il rouvrit sa portière et s’engouffra dans sa voiture et fonça nous laissant sur place avec d’autres passants qui voulaient savoir là où nous avions puisé notre force.

Notre préoccupation fut différente. En ce moment précis, nous n’avions pas manqué de mémoriser les indications sur sa plaque d’immatriculation et la marque de la voiture.

Moins d’une dizaine de minutes plus tard, nous rentrions chez nous en gardant soigneusement les indices.

Une plaque d’immatriculation : dans quel but ? A quoi bon ? Quelle suite donner à cet incident ?

Autant de questions pullulaient dans notre tête. Il aura fallu que nous relations cet événement à notre adjoint pour qu’il nous invitât à porter plainte. Une idée qui nous séduisit. Ce que nous fîmes le surlendemain.

Le week-end fut mis à profit pour rédiger la plainte avec les détails précis de l’incident. On aura voulu nous en dissuader mais ce fut plus fort que nous : c’était une question d’honneur. Nombreux furent ceux qui avaient du mal à se faire à cette plainte. De simples insultes et vous en faîtes toute une montagne.

Pour nous, il fallait d’une part laver l’affront et d’autre part démontrer qu’entre la réalité et la perception le fossé et parfois grand.

Lundi matin, nous nous rendîmes au poste de police de Grand Dakar où on nous indiqua que la plainte devrait être déposée au Commissariat de Dieuppeul.

Vers 11heures 30 minutes, nous arrivâmes à la Police et trouvâmes à l’accueil un agent   qui enregistra notre plainte, nous remit un numéro et nous demanda de revenir une semaine plus tard.

La suite, vous l’aurez sur www.sunumbir.com

A la Police de Dieuppeul : une surprise réservée à notre agresseur

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Date de dernière mise à jour : mardi, 09 Septembre 2014