Interviewé, M. Lansana Gagny Sakho...

Dit ce qu'il pense du PSE

EMERGENCE, ILS ONT DIT !!!

 Image 31Expert en développement et Directeur général de Expert Vision, Lansana Gagny Sakho jette dans cette interview un regard critique sur le Plan Sénégal émergent. Il passe en revue les grands projets du PSE et dit ce qu’il considère comme une contrainte pour le bon déroulement de ce programme.

 Le Sénégal vient d’obtenir à Paris des engagements de financement à hauteur de 3729 milliards pour le Plan Sénégal émergent. Quelle appréciation avez-vous de ce PSE ?

Vous avez parfaitement raison parce que ce sont des engagements c’est important de le repréciser. Maintenant, ce qu’il faut, c’est lever les fonds. Mais, je pense qu’il faut revenir d’abord sur les principes et définitions de ce qu’on appelle pays émergent. Un pays émergent est un pays dont le Produit intérieur brut (PIB) est inférieur à celui des pays développés, mais qui vit une croissance rapide et dont le niveau des infrastructures convergent vers ceux des pays développés.

C’est ça qu’on appelle un pays émergent. Après ça, il y a les pays pré-émergents, comme l’Afrique du Sud, le Maroc. Donc, il faut être pré-émergent avant d’être émergent. Le problème de fond est : est-ce qu’on peut parler d’un Sénégal émergent ?

Si c’est dans le cadre d’une vision, on peut dire un Sénégal émergent pour l’avenir, mais un programme Sénégal émergent, c’est un peu trop.

Mais il faut savoir qu’il faut des plans très ambitieux pour redresser ce pays. On a un taux d’alphabétisation de 49,2% contre 88% par exemple pour les Iles du Cap Vert. En termes de croissance du PIB, dans l’UEMOA, le Sénégal est avant-dernier en 2013 avec un taux de croissance de 4.2%, seulement devant la Guinée-Bissau. Sur le dernier Doing Business, on a un classement très mauvais, 178 sur 189. Il ne s’agit d’éléments factuels. Tout cela montre qu’il y a énormément de travail à faire.

Vous avez parlé de pays émergents et de pays pré-émergents. Où se situe le niveau de développement du Sénégal actuel ?

Nous ne sommes même pas dans une phase de pré-émergence ayons quand même un peu de respect pour l’intelligence et les principes. Nous sommes, comme l’ensemble des pays de la sous-région, un pays très, très pauvre. Maintenant, ce qu’il nous faut, c’est de travailler pour aller dans la phase de pré-émergence.

Donc, si on n’est pas encore dans la phase de pré-émergence, est-ce qu’on peut parler d’émergence en 2035 ?

En termes de titres, le projet est très ambitieux, mais quand on entre dans les faits, on se rend compte qu’il n’est pas du tout ambitieux. Tous ceux qui ont analysé le document, je n’en ai pas vu un qui soit parti de la cohérence des programmes. Ils sont tous partis dans les analyses des chiffres.

Le PIB de la Côte d’Ivoire, c’est 13.885 milliards en 2013 (rapport de la BCEAO sur les perspectives de croissance de l’UEMAO) avec un taux de croissance de 9%. Le PIB du Sénégal en 2013, c’est 7718 milliards. Dans le PSE, ce que nous visons en 2018, c’est 11.000 milliards, moins que le PIB de la Côte d’Ivoire en 2013.

En plus, il y a le Burkina Faso qui a 6000 milliards en 2013 et avec un taux de croissance de 7%. Les chiffres du PSE ne sont pas ambitieux du tout. Est-ce que c’est par prudence, parce que le Président connaît son pays, ou bien c’est un manque d’ambition ? Je n’ai pas la bonne réponse.

Ce qui est certain est que les chiffres tels qu’ils sont avancés ne reflètent pas une vision très ambitieuse et ne correspondent pas aux défis de redressement de l’économie sénégalaise. L’autre point qui pose problème, c’est la vision. Dans la vision, ils disent : “un Sénégal émergent à l’horizon 2035, avec une société solidaire dans un État de droit”.

Une vision n’a pas d’horizon temporel. On n’aurait pu dire simplement, un Sénégal émergent avec une société solidaire. Une vision combinée à l’action, c’est ça qui fait avancer les choses. Mais, une vision sans action ne fait que passer le temps. 

Elu à 65% le Président de la République Macky Sall avait portant tous les leviers pour impulser le changement dans le choix des hommes…. Est-ce qu'avec l’équipe actuelle, le Président de la République a les hommes qu’il faut pour bien exécuter ce plan ?

Est-ce que ce n’est pas pour ça qu’il a nommé hier (jeudi), Mahammed Abdallah Dionne, coordonnateur du PSE, avec rang de ministre ?

J’ai vu qu’il vient de nommer M. Dionne, un homme que je connais, un homme reconnu pour ses  compétences. C’est déjà un bon signe. Mais quand il nomme M. Dionne, je me demande aujourd’hui à quoi sert le ministère du Plan ? Ne risque t on pas un nouveau front avec la Primature. Mon inquiétude et de voir la politique et les manœuvres revenir au premier plan alors que nous devons nous consacrer à l’essentiel, l’essentiel consiste à se mettre au travail. Avec cette nouvelle architecture le bon sens aurait voulu la suppression de la primature et du ministère du plan… ll faut de la sérénité pour remettre ce pays au travail

Le PSE a comme objectif une croissance de 7% à l’horizon 2018, est-ce que cette croissance à un chiffre peut permettre d’atteindre l’émergence ?

Il faut qu’on fasse attention avec les taux de croissance. La Côte d’Ivoire a fait un taux de croissance de 9% parce qu’ils ont dix ans de guerre. Ce qui est important dans les taux de croissance, c’est la valeur absolue et c’est sur la durée qu’on mesure l’efficacité des taux de croissance.

Avec notre PIB actuel, un taux de croissance de 7%, ce n’est vraiment pas du tout ambitieux. Mais, je préfère qu’on s’engage avec des chiffres réalistes que d’annoncer des chiffres qu’on n’est pas en mesure d’atteindre. Il faut qu’on soit réaliste. Un taux d croissance à deux chiffres, ça sera très difficile d’y arriver..

Après l’obtention de ces engagements, quelles sont les contraintes que le Sénégal doit lever pour mieux faciliter les investissements ?

Je pense qu’il faut avoir d’abord des programmes bancables. Les investisseurs ne vont pas venir nous jeter l’argent, ils vont regarder la cohérence des programmes. Quand vous regardez dans les infrastructures, il y a des choses que je ne comprends pas.

Dans les infrastructures, ils veulent faire du Sénégal un hub logistique industriel régional et mettre les atouts géographiques dans leur position comme point d’éclatement des produits industriels. C’est mal connaître la géographie ouest africaine. Notre pays est très mal situé pour être le point d’éclatement des produits industriels en Afrique de l’Ouest.

La Côte d’Ivoire est beaucoup plus centrale et à plus d’atouts géographiques. L’autre chose, c’est le Mali. On fait beaucoup de commerce avec le Mali mais essentiellement du ciment, des hydro-carbures et dans une moindre mesure le port.

Nos industries ne sont pas capables d’exporter au Mali comme le font les industries ivoiriennes. L’année prochaine, peut-être qu’on ne va plus exporter du ciment au Mali puisqu’il y a les indiens qui y investissent et la Sococim qui prévoit d’y ouvrir une ‘usine’. Donc le commerce de ciment entre le Sénégal et le Mali va disparaître. Port ce qui concerne le Port je ne sais pas si nous pourrons toujours tenir la compétition avec la Cote d’Ivoire, il y a ensuite la Guinée qui revient dans le jeu avec un port qui est a près de 900 km de Bamako alors que Dakar est à 1.250 km….

Le document a été fait mais on n’a pas analysé l’environnement externe du Sénégal mais il manque tellement de cohérence, je ne me demande pas qui l’a conçu mais qui l’a validé ?

Tout est priorité chez nous, mais qu’est-ce qui est plus important entre faire une autoroute entre Thiès-Touba et faire une route de production entre Rosso-Thiagar-Saint-Louis pour désenclaver toute la zone de production de riz du Sénégal.

Retaper la route entre Kaolack jusqu’à la frontière malienne est plus important que tout ça, si on veut faire un axe prioritaire. Ils prévoient aussi un chemin de fer entre Dakar et l’aéroport de Diass. Pour transporter qui ? Et combien de personnes ?

Les types de train que les gens prennent pour aller à l’aéroport, ce sont les trains modernes. Je pense que ce que l’urgence serait peut être de redynamiser  de redynamiser le Petit train bleu.

Au niveau des infrastructures, il y a de grosses incohérences qu’il faudrait lever. Peut-être que ceux qui ont fait le document, soit, ils ne connaissent pas notre pays, soit ils ne connaissent pas la sous-région… je pose toujours la même question qui a validé ce document ?

Et pourquoi le secteur de l’agriculture qui est une priorité pour Macky Sall ne bénéficie que de 7,8 des investissements du PSE ?

Je ne pense pas qu’il y ait une dichotomie. Les sommes ne sont pas très importantes. Vous avez besoin beaucoup plus d’argent dans les infrastructures que dans l’agriculture. Mais dans ce secteur, il y a des incohérences qu’il faut noter. D’abord sur l’arachide. Dans la mesure où nous n’avons  pas d’unités de transformation industrielle performante pour l’arachide, je pense qu’il faut changer de paradigme. Nous avons hérité la culture de l’arachide des ‘colons’ il s’agissait d’une culture de traite qui correspondait a des besoins bien spécifiques… Le plan fait allusion à la modernisation des unités de transformation traditionnelles d’huile. Il est important de rappeler que ces unités posent un problème de santé publique (à cause du taux d’aflatoxine dans ces huiles) la meilleure décision serait de les interdire plutôt…

Il y a aussi la question du riz, un sujet qui fâche. Pour le riz, on a un riz qui nous vient de l’Inde et un autre de la production locale. Quand le gouvernement dit que nous baissons les prix des denrées de première nécessité, la première décision avait consisté à suspendre les droits de douane ….

En ne mettant pas le droit de douane, le riz indien coûte à peu près 11.500F le sac de 50 kg et celui qui produit dans la vallée du fleuve Sénégal va vendre à 14.000F minimum. Nous ne sommes pas compétitifs. Les producteurs de la vallée n’ont pas les moyens pour faire un riz qui réponde aux besoins des marchés urbains.

Le riz indien arrive ici tout blanc alors que le riz de la vallée, à cause des problèmes de maîtrise des processus, quand il arrive ici, il n’est pas propre à la consommation, mais c’est un riz de qualité. Il faut encourager ce processus, mais il faut régler l’accès à la terre. On ne sera jamais une agriculture industrielle avec l’agriculture familiale. La houe et la daba, c’est fini.

Comment dans ces conditions parler de 1.000.00 de tonnes de riz blanc en 2018, la production locale de riz blanc substituable aux importations (en termes de qualité) tourne autour de 50.000 tonnes….

Il y a pire qui nous attend. Si demain le Sénégal signe les Accords de Partenariat Economique (APE) sans des mesures prudentielles c’est tout le volet agricole du PSE qui n’aura plus de raison d’être… La même question qui a donc validé ce doucement ?

Pour revenir à l’environnement des affaires, le ministre de la Promotion des Investissements et des Partenariats, Diène Farba Sarr, a annoncé que le gouvernement travaille à faire revenir l’impôt sur les sociétés de 30 à 25%. N’est-ce pas là une manière d’attirer les investisseurs ?

C’est une bonne décision pour attirer les investisseurs. Mais, ce qu’il faut savoir est que dans la sous-région, nous sommes dans un environnement concurrentiel. Ce n’est pas faire revenir de 30 à 25% le taux d’imposition, qui va faire que les gens vont venir chez nous.

Pourquoi après être passé au Sénégal Louis Dreyfus a préféré aller investir 30 milliards dans la production de riz en Cote d’Ivoire, est-ce que nous travaillons assez, quels sont les nombreux de jours fériés que nous avons ? Quid du terrorisme syndicale? C’est un ensemble de facteurs qui font que les gens préfèrent allez ailleurs que de venir ici. Je ne pense pas que c’est faciliter la création d’entreprises qui va être la clé.

C’est avoir d’abord un marché intérieur important, des facilités pour les investisseurs. Il faut revoir le plan, voir les priorités, voir les choses faisables et s’engager dessus. On ne peut pas gagner la bataille de ‘l’émergence’ si nous ne réussissons pas à gagner la bataille de la compétition en Afrique de l’Ouest. Là est notre défi sur le moyen terme… il y a un temps pour tout, un temps pour la politique et un temps pour le travail, le jour où nous le comprendrons alors seulement on aura le droit d’utiliser le terme pré émergent dans notre vocabulaire

 

NE VOTEZ PAS POUR CETTE CLIQUE, C’EST UN DEVOIR CITOYEN

Rendre compte, simple question de bon sens, il doit rendre compte au conseil d’administration. Quid du contrat de confiance ? Le programme Yonu Yokuté, projet de société centré sur une gouvernance sobre, une éducation et une santé de qualité, une justice indépendante, une gestion vertueuse  et rationnelle des biens publics mais surtout une économie en forte croissance.

Après plus de deux années de gouvernance les résultats sont médiocres : avant dernier de la classe’ en termes de croissance du PIB en 2013 (3,6%) dans l’UEMOA ; la fermeture de près de 400 entreprises en 2012, des bacheliers qui attendent une orientation pour une année scolaire qui est supposée démarrer en octobre 2013, le chômage a atteint des proportions inquiétantes, le tourisme est à l’agonie, l’agriculture peine à décoller.

Sans crier gare il a sorti de son chapeau d’Aladin le Plan Sénégal ‘Emergent’ qui semble être sa nouvelle trouvaille. Ce ‘changement de cap’ symbolise un tâtonnement, une absence de vision, une incapacité à avoir une direction claire pour positionner le Sénégal dans une stratégie de croissance.

Elu à 65% il avait portant tous les leviers pour faire bouger les lignes.  Mais, il a fait le choix de nommer ‘ses amis’ pour récompenser la fidélité et de mettre la tribu Faye/Sall/Gassama au cœur de ce pays. Comment dans ces conditions demander aux sénégalais de se mettre au travail quand l’incompétence et la sécheresse intellectuelle sont le dénominateur commun dans les plus hautes sphères de l’état ?

Amnistie fiscale à la presse = 7 milliards ;  annulation dette des producteurs 11 milliards de producteurs, scandale Arcelor Mital prés de 175 milliards passés en pertes en profits sa dernière trouvaille allouer bonus de 500.000 F / mois aux épouses des diplomates. Par contre ils sont incapables de payer les maigres bourses des étudiants, par contre les dettes des hôpitaux plombent les entreprises évoluant dans le secteur de la santé… La liste est longue mais elle montre simplement qu’ils sont simplement incapables de cerner les priorités. Coursiers sous Wade ils n’ont en réalité jamais géré dans leur vie.

Nous pouvons et devons reprendre les destinés de notre pays en main. L’occasion sera trop belle pour passer aux actes le dimanche 29 juin 2014.

Voter est un devoir citoyen

Ne pas voter pour cette clique c’est sauver ce qui est encore ‘sauvable’

Ne pas voter pour cette clique est le prélude pour retirer ce pays aux mains des prédateurs ;

Ne pas voter pour cette clique c’est lui expliquer que la gestion tribale ne peut plus prospérer ;

Ne pas voter pour cette clique est un devoir citoyen.

Tout sauf eux, tout sauf cette clique pour qui pouvoir est synonyme de jouissance. Ce qui est en jeu c’est l’existence de notre pays en tant que nation. Ils vous diront qu’il s’agit d’élections locales… Que nenni tout ce qui touche à cette clique doit être vomi.

 

Lansana Gagny Sakho

 

 

IL NE LUI RESTE QU’À DEMANDER AU PRESIDENT WADE DE TRANSHUMER

C’est toujours difficile de se présenter je sais pas trop quoi vous dire. Je suis originaire du village de Diawara et  j’ai passé toute mon enfance à la Gueule Tapée. Comme tous les enfants des ‘quartiers populaires’ nous avons très tôt appris à nous battre, à rester digne, et à dire NON parce que simplement  il fallait faire partie des meilleurs pour émerger.

Mon métier m’a permis de toucher du doigt ce qui se fait de mieux dans le monde en matière de politique de développement en Afrique. Pour résumer je suis un citoyen qui pense que la pauvreté n’est pas une fatalité et que par notre conviction et notre engagement nous pouvons inscrire ce pays dans une logique de prospérité.

 

Vous avez publié une tribune dans certains journaux intitulée : ‘Macky l’a dit, il ne l’a pas  fait’ Qu’est-ce qui vous fait dire cela ? Peut-on en deux ans de gouvernance demander à Macky Sall de faire ce que Wade n’a pas réussi en 12 ans ?

Il n’a jamais été question de demander au Président Macky Sall de présenter un bilan après deux années de gouvernance. Mais quid du document de la primature ‘Ca été dit, C’est Fait’ ? Mon texte entre simplement dans une logique de rétablir la vérité en réalité j’aurai dû l’intituler ‘Ca été dit C’est pas fait’.

A leur décharge ‘Khemess’  en rupture de ban qui essaie de magnifier son allégeance au Président de la République combiné à la proximité des locales valait bien ce coup d’essai. Mais ils ont simplement oublié que les choses ont changé dans ce pays.  Ces gens sont malheureusement dans des schémas archaïques dépassés c’est ce que Joël Baker appelle la paralysie due aux paradigmes.

Si bilan il doit y avoir la seule référence devrait être le programme Yonou Yokuté dans la mesure où c’est sur cette base que nous avions confiée les reines de ce pays au Président Macky Sall.

Au bout de deux années il y a des aspects positifs que j’ai soulignés : la couverture médicale universelle (CMU), l’OFNAC, la maitrise de la gestion des effectifs de l’administration sénégalaise ; la baisse des l’impôts sur les salaires…

Cependant, il s’agit ‘paracétamols’ qui sont à des années lumières des engagements du Président Sall. J’ai extrait quelques éléments du programme Yonou Youkuté : mise en place d’un dispositif de création de 500.000 emplois sur 7 ans, création d’un ‘Pacte Petites Entreprises et PME-PMI’ intégrant les dispositifs d’appui aux entreprises existants et les renforçant, restructuration du secteur agroalimentaire afin de créer un champion sous-régional aux activités diversifiées, mise en place d’un Gouvernement de Rassemblement National de 25 ministres maximum... rien n’a été fait, il n y a même pas un début de mise en œuvre.  

Vous allez certainement me dire que la baisse des loyers constitue ‘une réalisation’. Il faut que les gens soient sérieux cette mesure est inique injuste. Il ne s’agit ni plus ni moins que de spoliation pour ce coup je ne peux pas m’empêcher de faire une comparaison avec le Président Wade. Lui était généreux avec les deniers de l’Etat mais il n’a jamais été avec les biens des privés. Il est parfois important d’aller plus loin dans les questionnements. Pourquoi n’ont ils pas baissé les loyers professionnels simplement parce qu’ils perdraient au change avec la TVA et les patentes que l’Etat collecte. Je n’en dirai pas plus sur cette mesure.  

Peut on parler de succès quand le 01 avril 2014 les bacheliers attendent toujours d’être orientés alors que nous sommes en principe à deux mois de la fin de l’année scolaire.

Qu’est-ce qui explique votre pessimisme dans la gestion de Macky Sall à faire avancer les choses ? Est-ce que vous ne versez pas sous le coup de la critique facile ?

Critique facile et quoi encore ? Monsieur, je suis dans les faits. Je vous demande simplement de prendre connaissance du dernier rapport de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) sur les perspectives économiques de l’UEMOA. Il y a aussi divers autres documents qui sont accessibles sur la toile. Vous pouvez également contacter le patronat Sénégalais. Il n y a plus d’excuses pour avoir accès à l’information. Nous devons tous faire cet effort et ne plus accepter que les politiciens dictent les règles.

Le Sénégal sous Macky Sall c’est un taux d’alphabétisation de 49,2% (contre 88% par exemple pour les Iles du Cap Vert), ‘avant dernier de la classe’ en termes de croissance du PIB en 2013 (4,3%) dans l’UEMOA, 178ème sur 189 pays dans le dernier Doing Business, la fermeture de près de 400 entreprises en 2012.

Le Sénégal sous Macky Sall c’est encore plus de 54% de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté. C’est aussi un coefficient de dépendance de +80%. Le chômage qui a atteint des proportions inquiétantes, le tourisme est à l’agonie, l’agriculture peine à décoller.

Pessimisme ? Je ne le suis pas du tout je suis simplement réaliste. Le Président Sall nomme sur la base d’amitiés, d’accointance politique et de fidélité. Quand les compétences sont relégués au second plan comment voulez vous avoir des résultats. C’est là tout le paradoxe de son appel aux sénégalais pour qu’ils se mettent au travail. Mais à mon avis la plus grosse erreur restera le départ de Abdoul Mbaye et son remplacement par ce qu’ils appellent premier ministre politique.

En quoi le changement de cap, Yonnu yokuté et Sénégal émergent constitue un tâtonnement pour le régime de Macky ?

Yonou Yokuté, DPG de Abdoul Mbaye, DPG de Mimi Touré, Sénégal Emergent en vingt quatre (24) mois : un programme tous les six (6) mois. Je ne sais pas quel terme utiliser si ce n’est un tâtonnement.

Le Plan Sénégal Emergent semble être la nouvelle trouvaille. J’en ferais juste quelques observations. Avant tout il faut souligner que les mots ont un sens précis : un pays émergent est un pays dont le Produit intérieur brut (PIB) est inférieur à celui des pays développés, mais qui vit une croissance rapide et dont le niveau des infrastructures convergent vers ceux des pays développés.

Nous avons les pays pré-émergents, comme l’Afrique du Sud, le Maroc. Donc, il faut être pré-émergent avant d’être émergent. Le problème de fond est : est-ce qu’on peut parler d’un Sénégal émergent ?

Il faut aussi noter certaines incohérences du document : faire du Sénégal un hub logistique industriel régional (comment), moderniser la trituration traditionnelle de l’arachide (en oubliant les problèmes connexes de santé publique), mettre en place un fonds souverain (pour un pays qui compte sur l’aide au développement pour boucler ses fins du mois.)… Comme le Yonu Youkuté ce document est une liste de projets sans cohérence globale.

Ces gens sont toujours dans la théâtralisation. Je ne suis pas dans les jugements subjectifs dites moi simplement comment expliquer la centaine de journalistes à Paris. Quels coûts pour quelle valeur ajoutée ? Les sorties du Premier Ministre (encore elle) qui parle du PSE comme une ’expression de notre souveraineté’  confirme cette théâtralisation.

Je ne me demande pas qui a conçu le PSE mais qui l’a validé ? Dans sa forme comme dans son fond  il rappelle le mémoire d’un étudiant soumis pour première lecture. Le Président aurait dû le renvoyer aux auteurs…   

Soupçonnez-vous le Président Macky Sall de passer ses deux ans à tourner en rond, comme le dit Moubarack Lô 

De grâce ne faisons de confusions de genre. Moubarack Lô  règle des comptes. Il aurait été nommé Directeur de Cabinet du Président Macky Sall où Ministre des finances vous ne l’aurez jamais entendu.

N’oublions quand pas que  Moubarak était au centre du calamiteux ‘programme’ Yonou Yokuté avec la ‘folie’ des 500.000 emplois. Le même Moubarack a été dans toutes les sauces Diouf, Wade, Sall.  Nous devons dire stop à ce genre de cirque ne serait ce que par respect aux Sénégalais. Ceux qui doivent se taire ont toujours le culot et le crachoir dans ce pays.

Je ne suis pas Moubarack, je ne suis pas dans une logique de jugements de valeur, j’expose des faits.

Vous insinuez que la politique politicienne semble être le jeu favori du président Macky, la nouvelle recrue de l’Apr Awa Ndiaye ne vous conforte pas  ?

Monsieur quand vous parlez d’insinuation, vous me poussez encore à recadrer notre discussion, de grâce restons sur les faits, la personne de Awa Ndiaye ne m’interesse pas…  

Comment expliquer la déclaration de candidature du Président Macky Sall pour 2017, comment expliquer le refus de délivrer à Bess du Niak son récépissé, comment expliquer la grosse coalition autour du Président Macky Sall. Nous avions chassé le PDS et ses affidés par la porte ils vont revenir par la fenêtre. Il ne reste qu’à demander au Président Wade de transhumer.

En réalité, incapable de régler les problèmes sociaux économiques du pays avec un plan et une vision pertinente, la seule alternative qui s’offre au Président semble être la politique politicienne mais c’est malheureusement faire abstraction de la capacité de résilience du peuple.

Peut-on vous accuser d’être le porte-plume d’un responsable politique de l’opposition ?

Je ne m’attendais pas à celle là. Je pensais que vous alliez me sortir le coup du Sénégalais qui fait du bruit pour se faire remarquer dans l’optique d’être appelé à la table du prince.

Mais pourquoi diable veut on que ce soit systématiquement ‘pour ou contre’ quand on prend position ? Ce pays nous a tout donné. Ne mérite il pas qu’on s’engage pour lui ? Savez vous Monsieur que jusqu’au 25 mars 2014 j’étais encore membre de la Convergence des Cadres Républicains.

Comme une grande partie des sénégalais qui s’étaient engagés aux cotés du Président Macky Sall, on rêvait d’un grand soir qui s’est mué en grand cauchemar. On aura au moins essayé et il n y a rien a regretter. Monsieur, nous vivons la même situation depuis nos indépendances. La marche de ce pays ne peut pas être fondée sur les seuls intérêts des politiciens, sinon la loi la prédation des biens communs continuera à devenir la règle. Dans le contexte actuel, et plus que jamais, nous devons tous être concernés par la politique et nous intéresser à la chose publique. À cet effet, les médias ont un rôle important pour inciter les citoyens à ne plus rester à la périphérie.

PDS, APR, PS, AFP : choléra, peste, sida, tuberculose vous ne pensez pas qu’il y a mieux comme choix pour le Sénégal ? C’est tout le sens de mon engagement.

Si l’opposition c’est le Sénégal, oui Monsieur j’en suis un  porte-plume.

 

 

                                                                                                              

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Date de dernière mise à jour : jeudi, 24 Juillet 2014