Les dix « péchés » de Wade et Macky

M. Bacca Bah méne l'analyse

100 8627En mars 2012, quand Macky Sall  accédait  à la magistrature suprême, la plupart des Sénégalais pensaient qu’il n’allait pas suivre les pas des son prédécesseur et mentor Abdoulaye Wade.

 Malheureusement, le Président Sall est en train de commettre les mêmes « péchés » que Abdoulaye Wade avait commis.

En voici dix :

1)      Donner de l’argent à tort et à travers. Le Président Abdoulaye Wade pensait à tort bien sûr que l’argent pouvait l’aider à sauver son fauteuil. J’ai l’impression que Le Président Macky Sall pense la même chose. Sinon  comment comprendre, à chaque fois qu’il se déplace à l’intérieur du pays comme à l’extérieur, que ses militants se battent pour le partage du butin. Récemment le journaliste Cheikh Yérim Seck a révélé que le Président Sall donnait 20 millions à chaque parti allié.  Il y a eu certes un démenti venant du pouvoir, mais très timide.

2)      Abdoulaye Wade avait placé son fils Karim Wade au cœur du Pouvoir. Ce qui a poussé les Sénégalais à penser qu’il le préparait dans la perspective d’une succession monarchique. Macky Sall n’a pas encore un fils à mettre au pouvoir, mais il a les frères, les cousins, les beaux frères à placer. Aliou Sall et Mansour Faye sont des exemples patents.

3)      L’ancien président passait tout son temps à promettre. Macky Sall, quant à lui, dit qu’il ne promet pas, il s’engage. Par conséquent, il s’est engagé à donner beaucoup de milliards lors de ses conseils des ministres décentralisés. Est-ce qu’il pourra tenir ses engagements ? Time will tell.

4)      L’un des grands « péchés » de Abdoulye Wade était l’arrogance et le mépris de libéraux envers les Sénégalais. Les tenants du pouvoir actuel sont en train de faire la même chose, sinon pire. Ecoutons Mbaye Ndiaye. : « Si Khalifa Sall veux garder la mairie de Dakar, il faut qu’il rejoigne APR.» C’est l’APR qui donne les mairies ! Où sont donc les électeurs ?

5)      La politique politicienne était un grand défaut de l’ancien président. Macky Sall est en train de faire la même erreur. Quand il a annoncé qu’il allait réduire son mandat de deux ans tout le monde avait applaudi. Mais, j’ai l’impression qu’il a regretté cette annonce prématurée. Il n’a même pas fait la moitié de son mandat qu’il commence sa campagne pour le deuxième mandat, donnant raison ainsi à un grand homme d’Etat qui disait que la différence entre un homme politique et un homme d’état est que le premier pense toujours aux futures élections, tandis que le second pense toujours aux futures générations.

6)      L’éducation. Ce qui a précipité la chute de l’ancien président c’était les grèves cycliques des enseignants du primaire au supérieur en passant par le moyen et le secondaire. Je pense que Macky Sall ne fait pas de l’éducation sa priorité. Les syndicats d’enseignants viennent de singer le protocole d’accord qu’ ils auraient dû signer depuis longtemps à défaut de l’hésitation et de la tergiversation du Gouvernement.

7)      La demande sociale. Le PDS (Parti de la Demande Sociale) est là toujours comme un rappel. Macky Sall a pris un engagement ferme et solennel pour créer des milliers d’emplois aux les jeunes. Ces derniers attendent toujours.

8)      La cherté de la vie et l’incapacité de Macky Sall à réduire drastiquement les prix des denrées de premières nécessités sont inadmissibles. On ne comprend toujours pas pourquoi le gaz butane et le carburant sont toujours moins cher au Mali qu’au Sénégal. Lui-même ne le comprenait pas quand il faisait sa campagne. Peut-être, qu’il l’a compris maintenant ?

9)      Les querelles et les luttes des positionnements entre les militants de l’APR nous rappellent les libéraux du temps de leur gloire.

10)   Mais le plus grand péché que Macky Sall est en train de commettre est d’encourager, voire recruter de gauche à droite les militants des autres partis. La transhumance politique est à la limite une insulte aux électeurs Sénégalais. En accueillant les transhumants de tous bords et en recyclant les hommes et les femmes comme Kalidou Diallo et Awa Ndiaye, pour ne citer que ces deux personnes, Macky Sall est en train de prendre le contrepied des Sénégalais. Pour finir, Macky Sall doit savoir que les Sénégalais ne sont pas prêts à endurer ce qu’ils ont enduré sous Abdoulaye Wade. 

                    Bacca BAH écrivain  et professeur d’anglais au Lycée de Thiaroye

                    baccabah@rocketmail.com

 

 

A propos des critiques sur « Le Coran et Culture grecque » du professeur Sankharé

     Je voudrais seulement  réagir suite aux sorties très vives provoquées par le livre  du professeur Sankharé ‘Le Coran et la Culture grecque ‘. Je n’ai pas encore lu le livre.  C’est pourquoi  je ne peux pas aller au fond du débat. Je vais seulement  de dire quelques mots sur les critiques concernant l’ouvrage, en attendant sa lecture.

   La première critique que j’ai lue est celle de Mamadou Bamba Ndiaye dans Le Quotidien du 14 mai 2014.  Je suis quand même déçu par cette critique puisque au lieu de se concentrer sur ce que le professeur Sankharè a dit,  Mamadou Bamba Ndiaye  se permet de décrire le professeur comme « un sinistre », « le pauvre disciple de Senghor ». Il est allé plus loin, dans d’autres sorties, en demandant, je ne sais de quel droit, de radier le professeur Sankharé de l’Université Cheikh Anta Diop, de retirer son ouvrage des rayons des librairies et  d’exiger des excuses publiques du professeur.

      La deuxième remarque est venue du professeur Khadim Mbacké dans Le Quotidien  du 24  mai 2014. Cette critique est d’ailleurs plus scientifique et plus respectueuse. Le professeur Mbacké n’as pas insulté l’auteur, il n’a pas demandé un « fatwa », ni de retirer l’ouvrage du professeur. Il est allé même jusqu’à demander aux musulmans d’apprendre leur religion en procurant des nombreuses publications disponibles sur le marché afin de mieux défendre leur religion.

 En attendant de lire l’ouvrage, je voudrais dire ceci aux musulmans, surtout à ceux du Sénégal.

   Tout d’abord, pouvoir lire, parler et écrire l’arabe ne donne pas le seul  droit de parler de l’Islam. Sinon nos grands marabouts du passé comme du présent qui ont composé d’excellents poèmes en arabe n’auraient jamais eu le droit de parler de la religion musulmane. Ils maitrisent la langue arabe écrite et lue mais ils ne la parlent pas couramment. L’explication est simple : en étudiant le Coran, la Grammaire, la Conjugaison, la Langue et la Sharia, l’explication est toujours faite en pulaar ou en wolof, selon. C’est en quelque sorte une traduction de l’arabe en une autre langue. Je vois le professeur Mbacké insister sur l’incapacité du professeur Sankharé de pononcer une seule phrase en arabe lors d’une soutenance de thèse à l’Université de Nouakchott. Il l’invite d’ailleurs à un débat en arabe. Moi, j’invite le professeur Khadim Mbacké  de faire une tourné au Fouta pour visiter  les « Daara » où on apprend la Sharia, la langue et la Grammaire arabe et il verra les talibés qui maitrisent la langue arabe sans être capable de la parler couramment. Moi-même, sorti de ses « daara » , je ne pouvais pas parler l’arabe couramment que quand je suis allé étudier dans les pays arabes à savoir la Lybie et le Qatar.

   Ensuite les musulmans que nous sommes nous devons être un peu plus tolérants. On ne peut pas toujours brandir les insultes, proférer des menaces physiques et verbales à chaque fois que l’Islam est critiqué. On ne peut pas non plus espérer avoir une religion aussi grande que l’Islam et ne pas recevoir des critiques voire même des attaques. La grandeur d’une religion c’est de pouvoir ignorer voire banaliser certaines critiques. Des  fois on voit même des gens qui n’ayant pas encore lu le livre concerné profèrent des menaces.

    Je vais raconter une anecdote : quand Salman Rushdie a sorti son ouvrage controversé : « Les Versets sataniques », l’Imam Khouméini de l’Iran a mis une « fatwa » sur sa tête. Il y avait ensuite des démonstrations partout surtout en Pakistan et en Bangladesh. Et lors d’une manifestation des Pakistanais à Londres, il y avait un barbu qui criait : « Il faut tuer Salman Rushdie ! Il faut le brûler vif ! » Un journaliste s’approcha et lui posa cette question : « Qu’est ce que Salman Rushdie a dit à propos du Prophète Mahomet ? » Il répond : « Je ne sais pas. » Une deuxième question du journaliste : « Est-ce que tu as lu le livre ? » Réponse du barbu: « Non »

   Je suis sûr que la plupart de gens qui critiquent des ouvrages critiques sur l’Islam ne les lisent pas souvent. Ils se précipitent pour pouvoir paraitre aux yeux des musulmans comme les défendeurs ardents de l’Islam. Et on les voit dés fois défendre l’indéfendable. La plupart  des ceux qui critiquent l’ouvrage de Sankharé, y compris Mamadou Bamba Ndiaye, ont défendu avec bec et ongles le Statut de la Renaissance africaine de Abdoulaye Wade en essayant de le légitimer sur le plan islamique.

     Enfin j’invite quand même les musulmans à défendre leur religion sur le plan scientifique et historique. Evitons de verser dans la violence physique et verbale, Le Boko Haram ;  L’Al Qaida ; Les Shababs en Somalie ; Les Talibans en Afganistan ; Les jihadistes au Nord du Mali comme Ansariddin et Ansar Asharia ; Les Frères musulmans en Egypte ne sont une bonne référence pour un Islam progressiste et tolérant.  Essayons de lire tout ce qui a été écrit sur l’Islam par des musulmans et non musulmans, comme l’a bien suggéré le professeur Khadim Mbacké. La meilleure arme qu’un musulman puisse avoir pour défendre sa religion est la connaissance et de sa religion et des autres religions, y compris même les  religions non révélées.

   Je pense que l’ouvrage du professeur Oumar Sankharé est un travail universitaire et doit être considéré comme tel. Ce n’est pas bien d’essayer d’entrainer dans ce débat nos Khalifs généraux.

                         Bacca BAH , écrivain et professeur d’anglais au Lycée de Thiaroye.

                      Baccabah@rocketmail.com

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Date de dernière mise à jour : jeudi, 05 Juin 2014