Lettre adressée au Cardinal Sarr

G14- Lycée John .F. Kennedy/Dakar

G14- Lycée John .F. Kennedy/Dakar.                  

Dakar, le 02 Mai 2013. 

A Monseigneur Théodore Adrien Cardinal Sarr.

 

Objet : Demande d’audience.

Monseigneur,

                  Nous sommes un groupe de 14 enseignants du Lycée John Kennedy qui, par les vicissitudes de la vie, avons aujourd’hui un sérieux problème  avec notre ministre de tutelle.

                  Connaissant en votre auguste personne un homme droit, juste ; Un leader religieux épris de paix, de vérité et d’équité ; Un défenseur des causes nobles et justes, nous émettons ici le souhait de vous rencontrer, si votre agenda vous le permet, pour voir  dans quelle mesure vous pourriez nous aider à dépasser le plus rapidement possible, par la grâce du Seigneur (Loué Soit Il),  les difficultés auxquelles nous sommes confrontés.

                  En attendant le moment propice pour cette rencontre que nous souhaitons avec espérance, nous demandons au Seigneur Tout Puissant de vous accorder longue vie, gratitude et bonne santé.

Merci.

  • Ci-dessous, le groupe des 14 professeurs :  

1-Mamour Sow.

2-Aminata Ndiaye.

3-Ibrahima Diouf.

4-Nogaye Fall Wade.

5-Cheikh Thiam.

6-Safiétou Tall Diéye.

7-Pape Socé Ndiaye.

8-Foudié Sampil.

9-Motte Mbengue.

10-Bernard Robuald Lopez.

11-Mor Absa Ndiaye.

12-Oumar Mangane.

13-Papa Mbaye Séne.

14-Alioune Badara Dia

 

CRISE AU LYCEE JOHN F. KENNEDY (SUITE ET … PAS FIN) : 14 enseignants du Lycée encore victimes de suspension de salaires et d’ostracisme.

A la fin du mois de Mars 2013, suite à un mouvement de soutien à trois de leurs camarades délégués syndicaux, arbitrairement mutés car dénonçant les redéploiements abusifs et à grande échelle et les maux  qui gangrènent le lycée Kennedy,  49 enseignants du Lycée avaient été victimes de suspension de salaire, en violation flagrante des règles administratives édictées en la matière par l’Etat de droit.

 On reprocherait à ces enseignants d’être allés en grève sans…couverture syndicale !!! Pourquoi ? Parce que le secrétaire général intérimaire du CUSEMS (syndicat auquel ils appartiennent en majorité) n’a pas donné un mot d’ordre, faut-il le souligner, pour des raisons purement subjectives! Nous pensons que le CUSEMS n’est pas la propriété privée du secrétaire général intérimaire. Par conséquent, le CUSEMS ayant déposé un préavis de grève couvrant la période du 05 Décembre au 05 Janvier, tous ses membres sont en principe couverts, et par de là, tous les membres de syndicats du même ordre d’enseignement. Ceci est un principe élémentaire connu de tout syndicaliste imbu de bonne foi. Donc, il est fallacieux de dire que les collègues de Kennedy, défendant le principe sacro-saint de la protection de délégués syndicaux, n’étaient pas couverts ; Ou, disons le nettement, n’étaient pas couverts par le secrétaire général intérimaire !  La vérité est que tout dirigeant syndical responsable qui se respecte, et respecte ses membres, se doit de les défendre envers et  contre tout, et s’il a des contradictions avec ces derniers, il le règle, par la suite, d’homme à homme(s). Dieu Tout Puissant, de même que le Prophète (PSL) ne recommandent-ils pas de soutenir les siens, quel que soit alpha ? et puis le Tout Puissant ne dit-IL pas « Waxtassimou bi khabli Llahi djamî’an, wala tafarakhou ! » mais, pour avoir une telle hauteur, il faut être GRAND, et pas seulement par la taille ! Par ailleurs, le directoire du Cusems, devant Dieu (LSI) et devant les hommes n’a-t-il pas systématisé, lors de sa rencontre du 16 Février, à 10  voix contre 05, qu’il fallait apporter un soutien aux camarades, délégués syndicaux mutés arbitrairement, et que les décisions administratives iniques prises à leur encontre soient purement et simplement annulées ? Qui a omis de passer au moins le communiqué dans la presse ? Qui, deux semaines après que le chargé des revendications a sorti le communiqué, a fait un contre communiqué pour démentir, toutes griffes et toute haine dehors, que le directoire n’a pas systématisé en faveur des camarades délégués ? Suivez notre regard ! En se comportant de la sorte et, pis, en donnant aux autorités une pandore, « la bande des Cinq » du directoire du CUSEMS a définitivement fini de donner à ces dernières un chèque en blanc pour casser sans coup férir du syndicaliste. Ce à quoi évidemment les autorités du ministère, dont certains avaient des comptes à solder, se sont données à cœur joie : quelle aubaine ! Ce qu’ils n’osaient pas, et ne pouvaient du reste faire légalement, « la bande des Cinq » du directoire du Cusems le leur a offert sur un plateau d’argent ! Pour quel dividende en retour ? Mystère et boule de gomme ! En tout état de cause, le secrétaire général intérimaire du CUSEMS vient d’ouvrir une boîte à pandore. Désormais, tout syndicaliste qui, dans un  bled  quelconque, se lèvera à l’avenir pour défendre ses droits, se fera passer au Moulinex sans autre forme de procès. Pire, dans l’attitude du directoire, les collègues qui ont vu leur salaire suspendu se sont vu refuser toute forme d’assistance financière, alors qu’ils versent mensuellement leur check-off ! La question ici est : Quelle est à présent l’utilité de se syndiquer ? Si pour des problèmes normaux d’opposition d’idées et de positions dans une structure syndicale, les responsables usent et abusent de leur position pour régler des comptes ! Cela frise, à  la limite, l’indécence. A ce propos, le secrétaire général intérimaire devrait revoir ses leçons de syndicalisme et, à l’avenir, si l’occasion lui en est encore offerte, de prendre plus d’hauteur.

Ce qui est particulier aussi dans l’affaire Kennedy, c’est que la suspension du mouvement de grève au lycée, à la demande de messieurs  Zoumarou,  Bâ et Aïdara, membres du CUSE, n’a pas semble-t-il tempéré le courroux des autorités. En effet, les derniers 14  enseignants, qui ont rejoint les classes juste au retour des fêtes de Pâques, se sont vu signifier, tenez-vous bien, que « leurs classes avaient été redistribuées !!!», une fois de plus, au mépris de toutes les règles administratives. Car, à ce jour, aucune notification de mutation, même illégale, ne leur a été signifiée pour que leurs classes soient redistribuées, ce qui est une hérésie. Par ailleurs, dans certaines sphères, on aurait même brandi l’idée d’un abandon de poste (et même travaillé pour), mais ces enseignants ont, durant toute la grève, été présents quotidiennement au lycée, qui est leur poste, un enseignant étant affecté dans un établissement et non dans une classe donnée! Au point que certains collègues auraient rapporté au ministre que la présence des grévistes constituait un danger pour eux ! Quelle frilosité ! L’occasion est belle pour leur rappeler que nous sommes dans un temple du savoir et non dans une arène de gladiateurs !

Il faut noter aussi que c’est parce que les enseignants grévistes étaient constamment sur place qu’ils ont pu prendre les demandes d’explication qui leur ont été servies le 11 Mars et auxquelles ils ont répondu le 13 Mars. Alors, que l’on arrête de débiter ce genre d’inepties. En tout état de cause, l’administration étant écrite, à ce jour, aucune notification d’abandon de poste n’a été servie à aucun des grévistes. Et, abandon de poste pour abandon de poste, quelle différence y a-t-il entre un professeur qui a suspendu son mot d’ordre  le jeudi 21 ou le vendredi 22 Mars, veille des fêtes officielles de Pâques, et celui qui a suspendu son mot d’ordre  le 08 Avril, retour officiel des fêtes ? D’autant plus que, selon leur emploi du temps, certains des 14 professeurs n’avaient pas cours le vendredi 22 Mars et le 08 Avril. Donc, pour parler d’abandon de poste, il faut que l’agent soit absent durablement de son lieu de travail, ce qui n’est pas le cas ici. Et il faut, même dans le cas d’espèce, qu’une mise en demeure, sous huitaine avec accusé de réception, lui soit servie et qu’après avoir pris acte de la mise en demeure, qu’il refuse d’obtempérer, ce qui non plus n’est pas le cas ici ! Alors, « Caïn que voulais-tu faire à Abel ? », mais … n’oublie pas « l’œil de Caïn » ! C’est donc ici le lieu d’attirer l’attention du mouvement syndical afin qu’il ne laisse pas se perpétrer une injustice qui, un jour ou un autre, comme un effet boomerang, se retournera contre eux. A ce propos, la sortie du Président de la République le 1er Mai est révélatrice. C’est le lieu également d’attirer l’attention de la société civile et des mouvements des droits de l’homme  pour qu’il soit mis fin à ces actes en violation flagrante des textes réglementaires et du droit à la défense des intérêts corporatistes des  travailleurs.

Enfin, en ce qui concerne la gestion des classes dites « redistribuées » au lycée Kennedy, il faut relever qu’elles sont confiées à 95 % aux collègues du lycée dont certains, fait gravissime, les « occupent » artificiellement plus qu’ils n’y  donnent des enseignements en bonne et due forme ! Alors que les 14 enseignants titulaires de ces classes ont manifesté la volonté de reprendre leurs classes depuis le 08 Avril.  Ces « professeurs remplaçants », pour la plupart, ne sont donc dans ces classes que par intermittence ; ce qui impacte négativement la qualité des enseignements,  surtout dans les classes d’examen. Pour le reste, on ne sait par quelle magie, quelques « professeurs » nouvellement affectés au lycée en pleine année scolaire ont eu l’outrecuidance d’évaluer des élèves sans respecter les prescriptions pédagogiques élémentaires. En fait, le souci de l’administration était juste d’avoir des notes en organisant un simulacre de composition et  en « créant » des notes « artificielles » n’ayant aucune valeur pédagogique.

N’oublions pas, pour terminer, que ce sont les effets dévastateurs des redéploiements qui sont à l’origine des déséquilibres qui ont mis le feu aux poudres à Kennedy. En attendant, 14 enseignants sont encore, en cette fin de mois d’Avril, qui coïncide aussi avec la fête du travail du 1er Mai, sans classes et toujours sans salaire ! Cette situation inédite ne pouvant pas prospérer, nous interpellons directement Son Excellence le Président de la République et le Premier ministre pour qu’une solution juste et pérenne soit apportée au problème du lycée Kennedy qui couve comme un feu depuis trois mois.

 Nous  prenons  également à témoin les collègues enseignants valeureux, les syndicalistes convaincus, les parents d’élèves soucieux du devenir de leurs enfants, le Comité National du Dialogue Social, le forum civil, les organisations des droits de l’Homme et l’opinion publique de manière générale, et les mettons devant leur responsabilité. Pour terminer, nous voulons ici paraphraser Saint Augustin qui disait « A une loi injuste, nul n’est tenu d’obéir ».

 

La Conseil Syndical d’Etablissement/CUSEMS J.F.K

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