Nouvel éditorial

Mack qui dit

Mack qui dit ou Macky / Idy

Au Sénégal, la polémique va encore enfler. On perdra encore du temps sur des détails, des questions politiciennes sans incidence majeure sur notre quotidien.  

M. Macky à la Maison Blanche : une audience diversement appréciée.

La presse avait fait état de la prouesse de notre actuel Président ; là où son prédécesseur aurait échoué : être reçu à la Maison Blanche. C’est tout un honneur pour notre cher président. Convenons-en, tout de même. Seulement, la forme aura posé problème. Il ne s’agissait ni d’un sommet mondial, ni d’une célébration particulière pour que trois Chefs d’Etat (celui du Sénégal, du Malawi, de la Sierra Léone) et le Premier ministre du Cap Vert puissent être reçus en même temps. De grâce, qu’on ne nous emballe pas si facilement. Un clin d’œil à cette presse qui voudrait que nous ayons les yeux braqués dans le rétroviseur.

M. Macky a réussi. Encore faudrait-il qu’on nous montre le profit que notre pays en tirera, en termes d’investissement ou d’assistance du peuple étatsunien.  Par ailleurs, la presse en ligne (APPEL) qui avait appelé au boycott de ce voyage au pays de l’oncle Sam en déplorant le choix des journalistes, opéré par le service de com de la présidence. Actuellement cette même presse fait état du retard qu’aurait accusé M. Macky en se rendant à la prestigieuse audience.  

M. Macky qui dit, au sortir de cette entrevue, être en phase avec M. Barack Obama sur la nécessité d’avoir des institutions fortes, d’organiser des élections démocratiques et de promouvoir la bonne gouvernance. M. Macky reconnaît que l’Afrique n’est pas au cœur des préoccupations des grandes puissances. Dans cette interview accordée à Raphaël Reynes, correspondant de RFI à Washington, notre cher président s’est presque laissé embarquer lorsqu’il parlait d’Etat de droit ou de la traque aux biens mal acquis. M. Reynes a essayé de le prendre aux mots.

Vivement que notre président se prête aux questions des journalistes sénégalais pour se prononcer sur des questions d’intérêt national. Un vœu pieux que nous formulons depuis belle lurette.

Mack qui dit :

Intéressons nous, à présent, au tandem Macky / Idy. Un secret de polichinelle : tout le monde sait que les deux hommes ne s’apprécient guère car chacun étant mu par ses intérêts politiques. Ils se supportent à peine. Et c’est presque normal : ils ont des postures rivales ; venant tous deux du PDS. En témoignent les altercations entre leurs partisans lors des rassemblements sur la mythique place de l’Obélisque.

Pour la célébration de l’an 1 de l’élection de M. Macky à la tête du pays, M. Idrissa Seck aura presque ravi la vedette la vedette à toute la classe politique sénégalaise. En fin politique, surdoué en com, il aura exploité cette date symbolique, en se positionnant de belle manière selon des observateurs avertis car ayant pris l’initiative.

Idy est dans son élément : il joue son avenir politique. Il avait perdu tout le  crédit qu’on lui accordait à cause de ses va-et-vient empreints de supposés deals avec Maître Abdoulaye Wade.

Décidément au Sénégal tout est possible. Il jouit d’une nouvelle virginité après avoir  fêté, depuis  peu, l’an zéro de sa vie politique. D’ailleurs, d’autres chefs de partis en ont eu droit à la faveur du M 23.

Le seul mérite de Idy consiste à faire revivre la démocratie dans un Sénégal paralysé par une vision manichéenne marquée par la coalition Benno Bokk Yaakar incarnant « le bien » ; alors que le Parti Démocratique Sénégalais et ses alliés  seraient « la souillure ».

La réaction de M. Macky n’aura pas tardé. Depuis les USA où il se trouvait, il aura selon la presse douté de la pertinence d’une telle sortie. Quelle est la suite à donner à de tels dysfonctionnements ? Une question qui hante le sommeil de certains Sénégalais. A contrario, des membres de l’Alliance Pour la République font preuve d’un excès de zèle notoire,  à l’instar d’Ameth Suzanne Camara qui demande à M. Macky, chef dudit parti, de se séparer d’Idy sans réfléchir.  Une expression que nous trouvons, somme toute, irrespectueuse, tout de même. Au Sénégal, « dara métiwul »n’est-ce pas ?

Digressions :

 Transfèrement de Cheikh Yerim Seck

Nous allons pour cette fois-ci nous permettre une petite digression. Le transfèrement du détenu Cheikh Yerim Seck est un véritable coup de théâtre. Au fond du fond, pourquoi l’administrateur du site Dakaractu, étant agressé depuis le mois de Janvier a préféré attendre deux mois après pour en parler publiquement ? Etait-ce une stratégie afin de ne pas faire capoter la médiation entreprise par ses amis et dont il révèle la teneur à travers sa lettre ouverte publiée sur son site ?

Une chose est sûre : la crédibilité de l’administration pénitentiaire, qui plus est celle de la justice est en jeu. Les droits des détenus doivent être respectés. Des traitements de faveur indus  ne devraient être source de supplices subis. Aux gardes d’être incorruptibles et corrects.

-La limitation de l’âge des candidats est un vrai faux débat car M. Macky, une fois au pouvoir aura envoyé à la retraite la veille classe politique formée de leaders nous ayant bercé depuis notre tendre enfance.

Vous voyez au Sénégal « dara métiwul » 

 

 

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