Bac L2, en français des fuites furent décelées

Sur les épreuves suivantes

Bac 2017
Série L 2 - Coef. 5
Séries : L1a- L1b-L'1- Coef. 6
Épreuve du 1er groupe 
Français 

( Un sujet au choix du candidat)
Sujet I : Résumé suivi de discussion 
Dans son œuvre dédiée à la sculpture, Rodin élit comme principe la formule suivante : l'artiste doit se donner comme tâche de copier la nature. Cette indication, loin d'être une simple évidence, se compose de nuances qu'il convient de détailler afin de saisir le sens caché de ce principe. Copier, pour l'artiste, ne signifie aucunement produire une représentation de la réalité, mais au contraire de dévoiler l'expression. Si l'artiste copie ce qu'il voit dans la nature, la question se pose de savoir ce qu'il y voit, qui implique que sa création devient une expression spirituelle. Radin en reprenant cette conception souligne que l'homme en général regarde sans voir, même s'il peut retenir chaque détail avec minutie, son regard se limite à la surface, à la simple apparence.
 Ce qui distingue l'artiste, c'est que sa vision se donne pour objet ce qui est inscrit profondément dans la nature. Pour cette raison, il est possible d'affirmer que l'artiste pour créer et composer n'a qu'à en croire ses yeux, à condition qu'il s'agisse des yeux de l'esprit. Il s'ensuit que la vision de l'artiste modifie fondamentalement les catégories du laid et du beau. En effet, si, dans l'ordre des choses réelles, le laid est assimilé d'une part à ce qui est en rapport avec le difforme, le malsain, en ce que  ces qualificatifs suggèrent la maladie et la souffrance, et d'autre part à la conduite de l'homme immoral, dans l'art cette laideur peut se transfigurer en beauté.
Cela s’explique par l’idée que la beauté en art ne se définit pas à partir de l’agréable ou de ce  qui plait  immédiatement aux sens, mais à partir de ce qui exprime du caractère, à savoir la vérité spirituelle d’un élément quelconque de la nature. Cette vérité relève nécessairement de l’esprit dans la mesure où elle est double, traduisant  au dehors une vérité qui exprime le dedans comme par exemple le sentiment, l’idée, l’âme qu’expriment les traits  d’un visage . La laideur réelle peut ainsi, au moyen de l’art, se transfigurer en une beauté terrifiante. 
Dans ces conditions, ce qui est laid en Art, c'est ce qui se manifeste comme faux, artificiel, prenant le parti du joli ou de l'agréable au lieu de choisir l'excessif. Considérant que le véritable artiste est celui qui peut lire l'intériorité de la nature comme à livre ouvert, il s'agit, après avoir identifié l'objet de sa vision, de reconnaître les moyens par lesquels il est capable de retranscrire cette vision dans une œuvre d'art, et dans le cas de Rodin, dans la sculpture. 
       Adelino Braz, 100 grands penseurs de l'Histoire, ellipses, 2011, pp 63-64

1- Résumé 
Résumez ce texte en  110 mots. Une marge de tolérance de 10 mots en plus ou 10 mots de moins vous est tolérée. 
2- Discussion 
Selon l'auteur : " Ce qui distingue l'artiste, c'est que sa vision se donne pour objet ce qui est inscrit profondément dans la nature." 
Vous discuterez cette affirmation à partir d'exemples précis, en expliquant d'abord ce qui différencie le regard de l'artiste de celui de l'homme en général, ensuite ce qui lui permet de développer ce regard si particulier, enfin, ce que signifient, pour l'artiste, les binômes : beauté et laideur, vérité et mensonge.
 

Sujet II : Commentaire
" Avant de t'aimer je n'avais rien "
Mon amour, avant de t’aimer je n’avais rien : 
j’hésitais à travers les choses et les rues : 
rien ne parlait pour moi et rien n’avait de nom : 
le monde appartenait à l’attente de l’air.

Je connus alors les salons couleur de cendre, 
je connus des tunnels habités par la lune, 
et les hangars cruels où l’on prenait congé, 
et sur le sable l’insistance des questions.

Tout n’était plus que vide, et que mort et silence, 
chute dans l’abandon et tout était déchu, 
Inaliénablement tout était aliéné, 

Tout appartenait aux autres et à personne, 
jusqu’à ce que ta beauté et ta pauvreté 
ne donnent cet automne empli de leurs cadeaux.
PABLO NERUDA, La Centaine d’amour, sonnet 25, 1959, traduction de Jean Marcenac et André Bonhomme © Éditions Gallimard, 1995.

Consigne 
Vous ferez de ce texte un commentaire suivi ou composé.

Si vous choisissez de faire un commentaire suivi, vous pouvez, en vous appuyant sur les transitions et sur les ressources stylistiques, étudier successivement l'expression de la quête désespérée du poète et du retour à la joie de vivre.

En choisissant de faire un commentaire composé, vous pouvez, à partir des moyens techniques déployés par le poète, montrer comment s'opère la conjonction des thèmes de la mélancolie et de l'amour dans le texte.


Sujet III : Dissertation 
On a tendance à réduire les œuvres : théâtrales au rire, romanesques à l'évasion, et poétiques au lyrisme. Dans une démarche organisée et en vous appuyant sur des exemples précis, vous discuterez ce point de vue : d'abord, en montrant ce qui justifie cette perception de ces genres littéraires; ensuite, en indiquant ce qu'apportent ces fonctions au message du dramaturge, du romancier ou du poète; enfin, en recardant les fonctions essentielles de ces genres littéraires.

5/07/2017

 

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