Commentaire du texte de Fatou Diome

Esquisse de correction

Pour situer le texte, l’élève n’aura point besoin de retracer la vie de cette écrivaine. Une telle présentation ne doit pas dépassée deux phrases. L’idée générale devra coïncider avec une seule phrase. L’annonce du plan mettra fin à l’introduction du commentaire.

Esquisse d’introduction

Situation : Le ventre de l’Atlantique est le premier roman à mettre à l'actif de l'écrivaine Fatou Diome. Au sortir d'une défaite de son équipe favorite l’Italie en coupe d'Europe, Madické reçut la proposition de la narratrice pour le financement d'un projet à mener sur place, contrairement au voyage tant souhaité par son interlocuteur.
 Autre situation : Le voyage à tout prix a toujours été au cœur des préoccupations de jeunes africains, voulant se rendre en occident considéré comme l'eldorado. Dans son roman Le ventre de l’Atlantique, Fatou Diome essaie de dissuader son frère Madické.

idée générale: Ecartelée entre deux cultures, deux pays, la romancière très nostalgique
montre à quel point elle est attachée à sa terre natale, en dépit du
voyage.
 Esquisse de plan dans le cadre d’un commentaire composé:
1ere partie: Nuit propice aux souvenirs

Champ lexical de l’écriture

Un recul fort utile
2e partie: Exil synonyme de souffrance

Nostalgie aux proportions insoupçonnées / attachement à la terre natale

Elans lyriques du passage

Quelques axes de lecture

-       Le passage s’ouvre sur l’emploi de la tournure impersonnelle « il est ». Le décor est campé à travers l’évocation de « la nuit » (Ligne 1) dont l’adverbe « tard » modifie le sens.

-       Procédé d’insistance ou gallicisme marqué par l’utilisation de la structure «  ce sont …que »

-       Passage prosaïque démontré par la musicalité de cette séquence d’où la reprise anaphorique de «  des mots »

Figures de style

Exemples

Ligne

Interprétation

1-     Personnification

Strasbourg a baissé ses paupières, …dormir … éviter d’observer

L1-3

 

2- Périphrase

pour dérouler des films tournés ailleurs, sous d’autres cieux

terre qui m’a vue naitre et partir

 

 

3- Comparaison

des histoires tapies en moi comme d’anciennes mosaïques …

Mon stylo, semblable à une pioche d’archéologue

 

 

 

4- Métaphore

mes nourritures d’exil

La nostalgie est ma plaie ouverte

pour servir de pont 

 

 

5- Allégorie

 

 

 

6- Parallélisme

L’absence me culpabilise, le blues me mine

 

 

7- Antithèse

qui jadis ne retenaient guère mon attention, je compose maintenant 

l’ici et l’ailleurs

 

 

8- Anaphore

 « Des mots » ( trop)

 

 

9- Enumération

L’absence me culpabilise, le blues me mine, la solitude lèche mes joues

 

 

10- Interrogation oratoire

Mais qui peut se multiplier comme le pain du Christ sans choir des bras des siens ?

 

 

 

 

 

 

 

Le texte

Texte de Fatou Diome dans la rubrique Un dimanche, un texte à la page pp48-49

« Il est tard dans la nuit. Strasbourg a baissé ses paupières, pour dormir ou pour éviter, par pudeur, d’observer l’intimité des amoureux et les mélancolies nocturnes. Ce sont toujours ces moments-là que choisit ma mémoire pour dérouler des films tournés ailleurs, sous d’autres cieux, des histoires tapies en moi comme d’anciennes mosaïques dans les souterrains d’une ville. Mon stylo, semblable à une pioche d’archéologue, déterre les morts et découvre des vestiges en traçant sur mon cœur les contours de la terre qui m’a vue naitre et partir. De faits qui jadis ne retenaient guère mon attention, je compose maintenant mes nourritures d’exil et, surtout, les fils de tisserand  censés rafistoler les liens rompus par le voyage. La nostalgie est ma plaie ouverte et je ne peux m’empêcher d’y fourrer ma plume. L’absence me culpabilise, le blues me mine, la solitude lèche mes joues de sa longue langue glacée qui me fait don de ses mots. Des mots trop étroits pour porter les maux de l’exil ; des mots trop fragiles pour fendre le sarcophage que l’absence coule autour de moi ; des mots trop limités pour servir de pont entre l’ici et l’ailleurs. Des mots donc, toujours employés à la place de mots absents, définitivement noyés à la source des larmes auxquelles ils donnent leur goût. Finalement, des mots-valises au contenu prohibé, dont le sens,  malgré les détours, conduit vers un double soi : moi d’ici, moi de là-bas. Mais qui peut se multiplier comme le pain du Christ sans choir des bras des siens ? Et surtout, y a-t-il quelqu’un pour ramasser l’oisillon tombé du nid ? »

         Fatou Diome, Le ventre de l’Atlantique, France, Anne Carriére, 2003

 

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Date de dernière mise à jour : mardi, 22 Septembre 2015