Dissertation

De la théorie à la pratique

Nous reprenons un artcle que nous avions publié en 2012.

 « Devant l’ampleur de la  tricherie à l’école, nous  ne cachons pas notre indignation ». Que pensez-vous des propos de ce blogueur Sénégalais ?

 

         La tricherie peut prendre plusieurs dénominations suivant les domaines en question. On parlera de fraude ou dopage dans le milieu sportif, de népotisme, de corruption, de concussion ou d’escroquerie dans le secteur des affaires ou de l’administration.  En s’intéressant aux pratiques en milieu scolaire, ce blogueur Sénégalais soutient-il que la tricherie est un phénomène qui gangrène l’école sénégalaise. Est-ce un phénomène nouveau qui peut facilement être éradiqué ? Dans notre approche nous allons d’abord établir les causes de la tricherie avant d’en évoquer son caractère multiforme voire moderne et enfin proposer quelques remèdes.

 

       Dans le monde moderne, le besoin de se rendre individuellement ou socialement utile pousse certains à s’adonner à des pratiques condamnables. Conséquemment la performance est au cœur des préoccupations des uns et des autres.

      Des grèves à répétition dans des établissements publics et une complaisance dans certaines écoles privées expliqueraient en grande partie la baisse considérable du niveau chez les élèves victimes d’un système éducatif de plus en plus dégradant. Rares à l’époque, mais depuis un peu plus d’une décennie elles sont devenues monnaie courante dans les écoles et universités sénégalaises.

      D’un autre côté la tendance qui consisterait à supprimer  le redoublement de classes au cycle élémentaire ou moyen ne devrait pas être négligée. Les pressions de la Banque Mondiale n’ont pas fini de porter leurs fruits. Le fameux slogan Education Pour Tous (EPT) est opérationnel. Citons à titre illustratif le mécanisme GOANA : tous les élèves qui font le concours d’entrée en 6e sont reçus, contrairement à la conception initiale qui ferait que seuls les meilleurs soient admis.

     Bon nombre d’élèves procèdent à des gymnastiques cérébrales pour se faire accepter dans un nouvel établissement : de tels élèves peuvent fréquenter plusieurs écoles au cours d’un même cycle. Untel a fréquenté le Groupe Scolaire X de 2007 à 2010, pour ensuite aller dans un autre établissement situé non loin de chez soi l’année d’après.

      La satisfaction des parents peut pousser à tout prix, l’élève à tricher. Tous les moyens sont mis à profit pour obtenir une bonne note. La méritocratie en prend un sacré coup. Les pratiques différent selon les élèves et/ou les outils dont on dispose. Parlons des plus en vue ?

 

     Une enquête menée auprès de quelques apprenants ayant décidé de briser l’omerta  à côté dune expérience acquise dans la pratique des classes pendant prés d’une dizaine d’années  nous permettent d’y voir clair. Pour cela nous avons fait preuve de subtilité afin d’inviter les potaches à coopérer : nous étions obligés de ne pas nous comporter comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

     Tout dépendrait de l’ingéniosité de ceux qui s’y adonnent. Optant pour la tricherie, des élèves prennent le soin de recopier les leçons, formules ou pans des cours quelque part (même la calculatrice peut être mise à contribution) et prennent le soin de le dissimuler dans la copie destinée à l’épreuve, à l’intérieur des capuchons de stylo ou de stylo correcteur Tipp ex communément appelé « blanco ».      

    Une autre pratique consisterait à utiliser un crayon de couleur blanche qui s’assortirait de la feuille blanche non suspecte à première vue alors que pour rendre effectif le forfait l’utilisation d’une couleur différente suffirait.

     De même la position à occuper dans la salle où  se tient le contrôle ne serait pas fortuite. L’élève qui n’est pas capable de répondre aux questions s’arrange de sorte à se trouver aux côtés de son  camarade qui n’éprouverait pas de problèmes pour traiter le sujet soumis à leur appréciation. Cet élève tentera de donner l’impression d’être concentré sur son épreuve. En réalité, il passera tout son temps à lorgner les copies de ses voisins d’à côté pour glaner des informations qui pourraient lui être utiles.

   En sus, de véritables trafics peuvent exister dans l’amphithéâtre ou la classe. Des bouts de papiers aussi sont échangés : si ce ne sont pas des brouillons pour aider des camarades en difficulté. Dans ces circonstances la communication entre candidats est de mise, elle occasionne des susurrements à voix basse.

     La modernité aidant, de nouvelles pratiques qui demandent parfois des moyens colossaux font leur apparition sur le terrain de la tricherie. Des terminaux s’invitent à la fraude et tendent, bizarrement à ravir la vedette aux méthodes jugées archaïques ou peu performants.  Les téléphones portables sont mis en mode silencieux pour ne pas se faire prendre facilement, l’élève ne cesse de consulter son écran prétextant s’intéresser à l’heure qu’il fait. Alors si ce ne sont pas des messages qui sont envoyés entre candidats, ce sont des messages destinés à un tiers qui se chargerait de traiter le sujet à la place du candidat. A titre illustratif pour une épreuve ayant trait à une matière littéraire comme les lettres, on sollicite l’aide de quelqu’un qui se chargerait de produire ne serait-ce qu’une introduction et une conclusion du sujet en question.   Il y en a qui préféreront enregistrer les leçons et le jour de l’épreuve s’arranger de sorte à dissimuler les écouteurs sous le foulard afin de se laisser dicter le contenu par l’outil : portable, mp3, etc.

La tricherie est ainsi ultra moderne. Les téléphones portables de dernière génération  dits téléphones intelligents ou Smartphones  sont aussi exploités. Comme pour ne rien arranger la toile s’invite au spectacle déshonorant de la triche avec ses moteurs de recherche et autres sites spécialisés où l’on pourrait retrouver des sujets traités. Des pages sont consultées en pleine séance de contrôle avec les tablettes tactiles notamment le nouvel IPad.

Les fichiers sont souvent utilisés et leur transfert se fera via Bluetooth ou GPRS (méthode plus adaptée à la transmission des données). Des stylos électroniques, montres électroniques et autres outils modernes sont employés parfois pour stocker de tels fichiers. En dépit de ce professionnalisme dont font montre les tricheurs, il faut tout faire pour solutionner ce problème.

 

 

       La liste des procédés utilisés est loin d’être exhaustive tant les astuces et moyens mis en œuvre pour rendre effective la tricherie sont considérables. Nous ne cachons pas notre indignation face à ce fléau qui ne cesse de gagner du terrain.

      Entre autres facteur favorisant la tricherie, figure en bonne partie, la crise des valeurs. Une telle crise fait que de nos jours la tendance se situe dans l’option de vouloir tout posséder ou de choisir la facilité. L’absence de pudeur occasionnerait que l’on n’ait plus honte de tricher au vu et au su de toute la salle. L’élève qui a la réputation de fin tricheur se soucie peu de ce que les autres disent.

    Un bel exemple nous aura été fourni par ce groupe d’élèves qui  soutiennent ne pas être en mesure de s’adonner à cette pratique du fait de leur forte personnalité au cas échéant pour rien au monde ils  ne seraient la risée de leur camarade de classe. Un élève avait préféré quitté la salle trente minutes trente minutes après le début de l’épreuve. Il soutenait ne pas pouvoir être l’auteur d’un quelconque miracle. Ne sachant pas la réponse alors autant rendre la copie au risque de céder à la tentation de tricher. 

    De telles réflexions devraient faire tilt dans le milieu scolastique. Le mérite devrait être replacé au centre des préoccupations, dés lors on n’aspirerait pas à tout prix à ce à quoi on n’aurait pas droit : des notes ou des diplômes. Vivement le retour aux vertus cardinales qui faisaient le charme d’une bonne éducation de base : l’honnêteté, la rigueur, le sérieux dans le travail, la discipline, etc.

 

 

Même si les cas de tricherie étaient présents à l’époque notons leur rareté, eu égard à la modernité. Ce phénomène tend, décidément,  à être généralisé avec des candidats qui pensent que la fin justifie les moyens. La vigilance devra être de mise chez les surveillants pour limiter les dégâts de ce fléau. Aussi ancienne soit-elle (la triche), nous devons nous payer les moyens (pas seulement financiers ou matériels) pour venir à bout dudit phénomène. A l’avenir ne faudrait-il pas envisager l’installation de salles spécialisées où se trouveraient des caméras de surveillance ou mettre en place des émetteurs qui brouilleraient les réseaux des terminaux afin que ceux-ci ne soient point opérationnels le temps des épreuves ? 

 

 

M. DIALLO IBNOU

 

 

 

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Commentaires (1)

daouda sow
  • 1. daouda sow | mercredi, 20 Mars 2013
toutes nos félicitations monsieur enfin un site qui peut servir aux adeptes de la connaissance

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Date de dernière mise à jour : mardi, 05 Mars 2013