Extrait de L'ombre en feu de

Mame Younousse Dieng

Texte vingt sixième :                                                                                 9 novembre 2014

 En pleine nuit, Kura fut réveillée par d’atroces douleurs qui lui tenaillaient le bas-ventre. Mati, comprenant aussitôt, alla appeler Jaal et informer Biram. Les deux mères assistèrent Kura toute la nuit, la couvrant de tendresse, de bonnes paroles et de conseils d’endurance. Elles lui appliquèrent toutes les thérapeutiques usuelles : friction et massage du ventre, quelques gorgées d’une eau où trempe le placenta d’une chatte, sept pas par-dessus une lame d’osier, etc. Biram allait et venait de sa case à celle de Mati, apporter un nouveau gris-gris, une potion magique, ou tenir son chapelet par-dessus la tête de sa file en récitant des versets.

 Pâle, haletante, Kura était en proie à des contractions de plus en plus intenses, de plus en plus rapprochées. Elle transpirait ; elle faiblissait.

 « C’est le moment de faire venir la matrone », décréta Jaal qui alla réveiller les domestiques pour aller l’appeler. Sitôt arrivée, celle-ci fit bouillir de l’eau et préparer du linge propre pour accueillir le bébé.

 Mais l’aube s’annonçait sans que rien ne se produisît. L’accoucheuse décida le transfert de la malade au poste médical. On alla quérir le charretier qui poussa son véhicule jusque devant l’encadrement de la porte.

 Faible, gémissante, le regard livide, les lèvres sèches, Kura avança, épaulée par Jaal qui l’encourageait. A quelques pas de la charrette, ses douleurs l’obligeant à s’arrêter, elle se baissa : la sueur perlait à son front, ruisselait sur son cou. Elle se prosterna davantage et gémit.

 -Invoque Dieu ! lui conseilla la matrone. Répète : Yaalatiif ! Yaalatiif ! Ô le subtil !

 Biram voulant soulever sa fille, ses forces le trahirent, les domestiques se précipitèrent, mais le charretier  les devança et, sans peine, déposa Kura à l’arrière de la charrette. Mati monta, la prit entre ses jambes, l’adossa contre sa poitrine. La matrone monta à son tour. Jaal lui passa le paquet de linge et un bidon d’eau potable.

Mame Younousse Dieng, L’ombre en feu, NEAS.

Quelques axes de lecture

- Kura,  une femme enceinte, maladive

-Une scène grave : une famille désemparée, des moyens rudimentaires

- Quelle est la tonalité du texte ? (lyrique, tragique, pathétique,etc.)

Un univers surnaturel

Repérage de figures de style : anaphore, parallélisme, gradation, ellipse, hyperbole, etc.

Valeurs des temps verbaux : imparfait de l’indicatif, passé simple, …

Grammaire :

 Concordance temporelle : Si le verbe principal est au présent ou au futur, le verbe subordonné se met au présent du subjonctif si l’action est à faire, et au passé du subjonctif si l’action est accompli.

 Si le verbe principal est au passé, le verbe subordonné se met à l’imparfait du subjonctif si l’action est à faire, au plus-que-parfait du subjonctif,si l’action est accomplie[1].  

 Exemple : Mais l’aube s’annonçait sans que rien ne se produisît

 NB : La concordance n’est pas l’application d’une règle mécanique, c’est le sens qui détermine le choix du temps de la subordonnée.

 Homophones grammaticaux : Les homonymes sont des mots qui ont la même prononciation mais qui ont le plus souvent une orthographe différente. Il faut donc chercher le sens de la phrase pour écrire le mot correctement[2].

 Exemples : Davantage/ d’avantages

 Elle se prosterna davantage et gémit.

 Cou/coup/coût

 elle se baissa : la sueur perlait à son front, ruisselait sur son cou

 



[1] A. Souché, J. Grunenwald, Grammaire, Troisième et classes de lettres, Fernand Nathan, Paris, 1970.

[2] BLED 5e/4e/3e Cours supérieur, HACHETTE Education

 

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Date de dernière mise à jour : dimanche, 09 Novembre 2014